Des images de vidéosurveillance diffusées par des chaînes de télévision turques accréditent la thèse d’un enlèvement ou d’un assassinat. Alors que Khashoggi n’a plus donné de signe de vie depuis son entrée au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre, les Américains s'impatientent.

 L’homme habillé en noir, à droite, serait Jamal Khashoggi.
L’homme habillé en noir, à droite, serait Jamal Khashoggi. © Télévision turque

Sur les images diffusées par la télévision turque, on voit un homme entrer dans le consulat. Il est 13h14. Cet homme est selon toute vraisemblance le journaliste saoudien Jamal Khassoggi, connu pour ses prises de position contre le pouvoir saoudien. 

À l'entrée du consulat, sur la droite, un minibus noir est garé. A 15h08, soit près de deux heures plus tard, ce même minibus noir quitte le consulat pour se rendre à la résidence du consul située à proximité. C'est du moins ce qu'affirment les chaînes de télévisions qui ont diffusé ces images. La question étant évidemment de savoir ce qu'il y avait dans ce minibus.

D'autres images montrent un jet privé se posant sur une piste de l'aéroport Ataturk d'Istanbul. On distingue sept hommes qui se présentent au guichet de contrôle avec des passeports. Les mêmes hommes sont ensuite filmés par la vidéo surveillance d'un hôtel situé dans le quartier du Consulat d'Arabie saoudite.

Un journaliste saoudien, correspondant au Washington Post 

C'est le quotidien Sabah, un journal pro-gouvernemental, qui publie les noms et les dates de naissances des 15 saoudiens arrivés à l'aéroport le 2 octobre, c'est à dire le jour de la disparition de Jamal Khashoggi. On ne sait pas d'où proviennent ces informations. Le nom d'un des hommes identifié par le journal correspond à celui d'un lieutenant-colonel du département de médecine légale saoudien.

D’après le Washington Post, les services de renseignement américains ont intercepté quelques jours avant la disparition de Jamal Khashoggi des communications entre des responsables saoudiens. D’après le quotidien américain, ils tentaient de monter un plan pour son enlèvement.  

Pour l'heure il n'y a aucune preuve que ces hommes soient venus en Turquie pour aider à faire disparaître le corps du journaliste saoudien. Les autorités turques ont obtenu l'autorisation de fouiller le consulat saoudien mais la fouille n'a pas encore eu lieu.

Les services de sécurité turcs pensent que Jamal Rhassoggi, qui était venu pour faire des démarches administratives en vue de se marier, a été tué à l'intérieur du bâtiment. Ryad dément formellement.

Du côté américain, Donald Trump a déclaré s'être entretenu "au plus haut niveau" avec les Saoudiens pour réclamer des explications sur la disparition de Jamal Khashoggi.

La presse livre de son côté une série de révélations sur cette affaire. Le New York Times révélait de son côté que l'équipe saoudien aurait transporté des outils en Turquie, une scie, qui auraient pu  servir à démembrer le journaliste saoudien. Selon le journal américain, cette disparition laisse entrevoir une crise diplomatique, d'après Donald Trump.  

En début de semaine, la France, pays allié de l'Arabie saoudite, a demandé que le sort du journaliste saoudien soit éclairci "le plus rapidement possible". Selon le Quai d'Orsay : "La France est préoccupée par la disparition de M. Jamal Khashoggi, personnalité saoudienne reconnue et estimée".

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