C'est encore l'un des nombreux paradoxes du Proche-Orient : la Syrie en guerre organise une élection présidentielle, certes tronquée et très controversée, mais qui a eu lieu, tandis que le Liban se cherche un président depuis le 25 mai dernier, date de la fin du mandat de Michel Sleimane. Marwan Hamadeh, député du 14 mars pro-occidental, a une formule pertinente pour qualifier la situation actuelle du Liban :"nous sommes dans l'oeil du cyclone, c'est-à-dire dans la partie la plus calme de la tempête!"

Il n'a pas tort. Les vents de la guerre souffle chez son voisin, et miraculeusement, le Liban tient bon, malgré l'afflux des réfugiés syriens qui sont des centaines de milliers. On peut parler de miracle pour un pays de 4 millions d'habitants : selon la Banque mondiale, le conflit en Syrie a coûté à l'économie libanaise plus de 7,5 milliards de dollars (5,5 milliards d'euros) entre mars 2011 et l'été 2013. Le pays du Cèdre plie mais ne rompt pas...

Le vide politique est angoissant - on cherche un nouveau président mais aussi un nouveau chef de l'armée- et en même temps, la situation sécuritaire s'améliore, même si elle reste volatile comme toujours au Liban. La crise de Tripoli a été réglée grâce à un accord politique qui a mis fin aux violences. La saison touristique cet été s'annonce prometteuse avec le retour des ressortissants du Golfe.

Il semble que toutes les puissances régionales et internationales ont décidé de préserver la stabilité libanaise. L'évolution à Beyrouth dépendra des évolutions syriennes. Pour Marwan Hamadeh, la situation risque de s'aggraver quand la tempête se calmera un peu de l'autre côté de la frontière. Le Liban sortira alors de l'oeil de cyclone pour être confronté cette fois-ci aux grands vents régionaux.

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