Le faux scoop de Rolling Stone.
Le faux scoop de Rolling Stone. © Rolling Stone

Le magazine américain Rolling Stone a retiré un article sur un viol collectif commis sur un campus universitaire de Virginie à la suite d'une contre-enquête ayant révélé de graves lacunes et des manquements aux principes de base du journalisme.

L'article publié en novembre dernier relatait dans le détail le viol collectif dont une femme, apparaissant sous le pseudonyme de "Jackie", disait avoir été la victime en 2012 dans une "fraternité" étudiante lors de sa première année d'études. Lundi, la fraternité Phi Kappa Psi a annoncé qu'elle allait engager des poursuites contre le magazine. "Notre fraternité et ses membres ont été diffamés", a dit son président, Stephen Scipione, dans un communiqué.

L'article de Rolling Stone mettait également en cause la passivité présumée de la direction de l'université face aux affaires d'agression sexuelle."Le récit du magazine était glaçant", explique Frédéric Carbonne, correspondant de France Inter à Washington

Mais très vite, des doutes étaient apparus sur la véracité de l'article écrit par Sabrina Rubin Erdely, une contributrice régulière de Rolling Stone. D'autres médias américains, dont le Washington Post, établissaient que l'agression ne pouvait s'être déroulée comme l'écrivait Rolling Stone.

"Un exemple d'échec journalistique"

Face au tollé, la direction du magazine a reconnu en décembre des "contradictions" dans le récit et admis n'avoir jamais cherché à obtenir des commentaires de la part des sept hommes mis en cause dans le viol supposé. Elle a parallèlement demandé à une équipe de l'école de journalisme de l'université de Columbia de mener une contre-enquête et de vérifier le contenu de son article.

La conclusion est sans appel. "Le désaveu par Rolling Stone du récit principal de l'article 'Un viol sur le campus' est un exemple d'échec journalistique qui aurait pu être évité", peut-on lire dans la longue contre-enquête mise en ligne dimanche sur le site du magazine.

"Cet échec englobe aussi bien le reportage, la relecture, l'encadrement et la vérification des faits", concluent les auteurs du rapport.

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