Le feu, que les pompiers n'ont pas réussi à contenir, a réduit en cendres des collections et des archives de grande valeur, ont indiqué les médias brésiliens.

Le Musée national de Rio en proie aux flammes
Le Musée national de Rio en proie aux flammes © AFP / Carl DE SOUZA

L'incendie a débuté vers 19h30, heure locale (minuit et demi à Paris) alors que le musée était fermé au public et a ravagé des centaines de salles du musée, un bâtiment de 13 000 mètres carrés ouvert en 1818. 

Après plus de trois heures et demie de lutte, les pompiers n’avaient toujours pas réussi à contenir l'incendie.

Le Musée national possédait plus de 20 millions de pièces de valeur dont une collection égyptienne, une autre d'art et d’artefacts gréco-romains, des collections de paléontologie avec plus de 26 000 fossiles, comprenant un squelette d'un dinosaure trouvé dans la région de Minas Gerais, ainsi que le plus ancien fossile humain découvert au Brésil, connu sous le nom de "Luzia" et de nombreux spécimens d'espèces disparues (paresseux géants, tigres à dents de sabre). Son herbier, riche de 550 000 plantes, a été créé en 1831

"Aujourd'hui est un jour tragique pour le Brésil. Deux cents ans de travail, de recherche et de connaissance ont été perdus", a déclaré le président Michel Temer dans un tweet "C'est un jour triste pour tous les Brésiliens."

Le directeur adjoint du musée a confié qu'il ressentait "un profond découragement" et "une immense colère". "Toutes les archives historiques, qui étaient conservées dans un secteur intermédiaire du bâtiment, ont été complètement détruites. Ce sont 200 ans d'histoire qui ont disparu", a-t-il déploré, accusant les autorités brésiliennes de manque d'attention pour ce musée qui avait été visé par des coupes budgétaires, via l'université fédérale de Rio auquel il est lié. En août 1995, le bâtiment avait déjà subi d'importants dégâts après des orages.

O Globo explique qu'un rapport, publié en août 2017, dénonçait le fait que la rouille, les fuites et les infiltration étaient monnaie courante dans le bâtiment, ainsi que la présence de chauves-souris et de mouffettes. Les bouches à incendie autour du bâtiment ne fonctionnaient pas quand les pompiers sont arrivés, des gardiens du feu qui auront fait ceux qu'ils pouvaient pour sauver ce qui pouvait l'être.

Colère des Brésiliens

Le ministre de la Culture Sergio Sa Leitao, a reconnu que "la tragédie aurait pu être évitée" et que "les problèmes s'étaient accumulés au fil du temps" pour l'établissement qui avait même dû être fermé en 2015, "faute de ressources pour son entretien". 

Alors que beaucoup dénoncent aussi le manque de moyens des pompiers, des chercheurs, des professeurs et des étudiants ont appelé à une manifestation de protestation lundi devant le bâtiment détruit.  

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