Les résultats des élections législatives en Inde donnent la coalition du Premier Ministre sortant, Narendra Modi, gagnante. Son principal opposant Rahul Gandhi, du Parti du congrès n'a pas réussi à inverser la tendance qui se dessinait depuis le début de l'élection, il y a plus d'un mois.

Des partisans de Modi, le premier ministre indien tout juste réélu à Mumbai, le 23 mai 2019
Des partisans de Modi, le premier ministre indien tout juste réélu à Mumbai, le 23 mai 2019 © AFP / Punit Paranjpe

Pour le Premier Ministre indien qui vient de s'assurer cinq ans de plus à la tête de la plus grande démocratie du monde

l'Inde gagne à nouveau !

Comme à son habitude, c'est sur le réseau social Twitter que Narendra Modi a laissé exploser sa joie. Il faut dire qu'il conforte sa majorité au sein de la Chambre basse du Parlement, la Lok Sabha. Son parti, le BJP, dispose de la majorité des 542 sièges qui étaient à renouveler. Sa campagne basée sur une hyper-personnalisation et sur un discours ultra sécuritaire a conquis une majorité des 900 millions d'électeurs qui étaient appelés aux urnes.     

Modi, le nouvel homme fort de cette partie de l'Asie

Narendra Modi, barbe blanche, fines lunettes, a 68 ans. Il est le fils d'un simple vendeur de thé de l'Ouest de l'Inde mais il est aussi depuis cinq ans l'homme le plus puissant de cette partie de l'Asie, à la tête d'un pays de plus 1 milliard 300 millions d'habitants. 

Toutes proportions gardées, sa trajectoire ressemble à celles en France d'un Bernard Tapie ou d'un François Pinault, ces self made men qui se retrouvent sous la lumière dans les premières places. C'est l'un des aspects importants de sa personnalité qui lui vaut une réelle admiration des jeunes notamment avec ce message qui s'invite en creux, "s'il y est arrivé, tout le monde peut le faire".  

Modi attend sa victoire le 21 mai 2019 à New Delhi
Modi attend sa victoire le 21 mai 2019 à New Delhi © AFP / Money Sharma

Un Premier ministre high tech

Autre particularité, c'est un homme qui a compris très tôt le fonctionnement d'un monde basé sur la technologie. Une sorte de "Premier ministre 2.0"

Avec lui, pas de conférence de presse, peu d'interventions dans les médias traditionnels. Très vite, il a compris qu'une communication directe via les réseaux sociaux permettait de toucher plus de monde et plus directement les électeurs. Comme en Inde, tout est grand, il dispose d'entre 40 et 45 millions de followers, d'abonnés sur son compte Twitter. 

Autre force de Modi, son positionnement religieux. L'homme pratique le yoga, mais surtout il a grandi dans une famille ou l'idéologie nationaliste hindoue est forte. Concrètement, cela se traduit dans sa façon de parler. Il préfère en effet s'exprimer en hindi plutot qu'en anglais, la langue de l'ancien colon. Et quand il le faut, il sait surtout manier le chiffon rouge de l'ennemi voisin musulman à savoir le Pakistan. De quoi faire vibrer la fibre patriotique de l'Inde. 

Bref, Modi, est depuis cinq ans indéboulonnable et visiblement cela devrait rester vrai pour les cinq ans à venir.

Victoire de Modi et pourtant son principal adversaire porte le nom illustre des Gandhi

Rahul Gandhi, le principal opposant de Modi
Rahul Gandhi, le principal opposant de Modi © AFP / Money Sharma

Les Américains ont les Kennedy, les Indiens ont les Gandhi, c'est leur dynastie. Ce genre de famille où l'on est élevé en imaginant qu'un jour on devra gouverner et avoir le pouvoir. 

Rahul Gandhi, de la famille Néhrou Gandhi. Rien que le nom fait rêver même si il n'a aucun lien avec le Mahatma Gandhi, père de l'Inde moderne. À 48 ans, Néhrou Gandhi est fils, petit-fils, arrière petit-fils de Premiers ministres. 

Il a longtemps hésité avant de se lancer à la conquête du Parti du Congrès, puis dans la campagne pour les élections législatives. Il faut dire que Rahul Gandhi n'a que 14 ans lorsque sa grand mère est tuée par ses gardes du corps, et 20 ans lorsque son père trouve lui aussi la mort dans un attentat politique. 

Malgré tout, il se lance dans la bataille avec un objectif, défendre les plus démunis. Il promet par exemple un revenu minimum pour les plus pauvres.

Modi, vainqueur grâce à un discours sécuritaire et populiste

Cérémonie religieuse en l'honneur du dieu Ganesh à Paris le 25 août.
Cérémonie religieuse en l'honneur du dieu Ganesh à Paris le 25 août. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

L'inde, c'est donc 1 milliard 300 millions d'habitants dont 80 % d'hindous. Les musulmans, avec 170 millions, n'arrivent qu'en seconde position dans la population. Une réalité des chiffres qui donne au Premier ministre Modi l'avantage dans ce pays où la religion garde une réelle présence dans la vie au quotidien. 

Conséquences : l'actuel chef du gouvernement n'a eu de cesse depuis son arrivée à la tête du pays de souffler sur les braises de la religion et de l'intégrisme religieux. 

Il a ainsi changé le nom musulman de certaines villes. Il est intervenu dans le contenu des livres scolaires pour minimiser le rôle des musulmans dans l'histoire du pays, et surtout il a su jouer habilement des tensions dans la région du Cachemire pour faire vibre la fibre nationale de son électorat. 

Dans ce contexte, les musulmans craignent ce second quinquennat de Modi. Mal organisés, sans leader, ces derniers peinent à se faire entendre et n'arrivent pas à se défendre face au rouleau compresseur du parti de Modi, le BJP, le Bharatiya Janata Party. 

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