boko haram veut échanger les lycéennes contre des prisonniers
boko haram veut échanger les lycéennes contre des prisonniers © reuters

Un mini sommet sur la sécurité dans le pays a lieu ce samedi à Paris. Le sujet, c'est la secte Boko Haram et la réaction suite à l'enlèvement le 14 avril de plus de 200 lycéennes nigérianes. Le sommet réunira des chefs d'État africains et occidentaux.

L'objectif, c'est plus largement d'arrêter une stratégie commune contre la secte islamiste Boko Haram, dont les exactions menacent de s'étendre au-delà des frontières nigérianes. L'émotion mondiale provoquée par le rapt de 200 lycéennes, que le groupe menace de vendre comme esclaves, a souligné l'urgence d'une action coordonnée du Nigeria et de ses voisins, avec l'aide des Occidentaux qui contribuent déjà à la recherche des jeunes otages.

Outre François Hollande et son homologue nigérian Goodluck Jonathan, le sommet de Paris réunira les chefs d'Etat du Bénin, du Cameroun, du Niger et du Tchad.

Le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, est annoncé, de même que la numéro deux du Département d'Etat, Wendy Sherman et, pour l'UE, Pierre Vimont, l'adjoint de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

Avec ce sommet, Paris veut "favoriser le dialogue et l'échange de renseignements" entre le Nigeria et ses voisins, souligne-t-on dans l'entourage de François Hollande. "On attend un plan des pays de la région qui présenterait des mesures de travail en commun et un soutien des partenaires occidentaux à ce plan qui serait mis en oeuvre rapidement".

Avec près de 6.000 soldats déployés entre le Mali et la République centrafricaine, Paris a tout intérêt à empêcher une dégradation de la situation sécuritaire au Nigeria, et s'inquiète d'une possible contamination du Sahel et de la RCA.

La jonction entre les différents groupes extrémistes nuirait aux intérêts de la France et de l'Europe, indique-t-on au ministère de la Défense.

Les frontières, enjeu principal de la lutte contre Boko Haram

Le groupe islamiste Boko Haram profite actuellement de la porosité des frontières entre les différents pays de la région. D'où une plus grande liberté d'action pour les terroristes.

Aujourd'hui, Boko Haram peut assez librement franchir les frontières, trouver un refuge dans les pays voisins, s'approvisionner en armes. L'idée est de réduire ses possibilités à travers l'échange de renseignements et une meilleure surveillance des frontières.

Les actions de Boko Haram, qui milite pour la création d'un Etat islamique, ont fait quelque 3 000 morts en cinq ans, dont de nombreux civils. Malgré la mobilisation de sa puissante armée, le Nigeria peine à empêcher les agissements de la secte, qui menace aussi le Niger et le Cameroun.

La France espère que le sommet débouchera sur un plan d'action régional tout en précisant qu'il n'est "pas question d'une intervention militaire occidentale contre Boko Haram".

François Hollande refuse toutefois une action plus directe de la part de la France.

Il ne s'agit pas d'une opération militaire de la part de la France, il s'agit d'une coordination des moyens que nous devons déployer, notamment en matière de renseignement.

Paris encourage le Nigeria, qui siège actuellement au Conseil de sécurité de l'Onu, à favoriser des sanctions contre Boko Haram et ses dirigeants, comme l'Onu l'avait fait contre Al Qaïda. "On est dans une phase où le gouvernement du Nigeria n'est plus hostile à ce que le sujet soit discuté au Conseil de sécurité", souligne un diplomate.

Paris a des liens historiques avec les voisins du Nigeria et François Hollande a renforcé les liens avec Goodluck Jonathan depuis l'opération française au Mali.

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