Alya
Alya © Radio France

Ils sont 8 000 Franco-Israéliens à avoir fait leur Aliyah cette année, c’est à dire à être retourné en Israël après avoir vécu dans un autre pays. Leur nombre augmente de 10% par rapport à 2014. La France devient donc la première source d’immigration de l'État hébreu, devant les Ukrainiens.

Les attentats de janvier sont passé par là. Cette année, 8 000 juifs de France ont fait leurs bagages pour partir s'installer en Israël. Ils étaient 7 200 en 2014, soit une augmentation de 10% en un an, selon les chiffres rapportés par l'Agence juive, une organisation semi-officielle qui supervise l'immigration en Israël.

Si les incertitudes économiques qui pèsent sur la France jouent un rôle dans cette décision d'émigrer, il y a aussi l'insécurité physique, selon les responsables israéliens. Après l'attaque de l'Hyper Casher en janvier dernier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait de nouveau invité les juifs d'Europe et de France à émigrer en Israël en déclarant qu'Israël était leur "foyer".

Entre 500.000 et 600.000 juifs vivent en France, ce qui en fait la première communauté juive d'Europe, et la troisième mondiale derrière Israël et les Etats-Unis. L'aliyah, "ascension" en hébreu, est consubstantielle à l'État hébreu. Depuis 1948, plus de trois millions de juifs ont fait leur "aliyah" .

L’intégration en Israël se heurte aux lourdeurs administratives

Dès que les juifs de France ont exprimé leur désir d'aller vivre en Israël, ils ont droit à des cours de langue et un billet d'avion gratuit. A leur arrivée, ils bénéficient aussi d'avantages fiscaux.

Mais tout n'est pas rose pour autant. L'intégration s'avère souvent plus difficile qu'imaginé, notamment à cause de freins administratifs qui entourent les professions réglementées. Certains diplômes français sont mal reconnus en Israël.

David Tibi est un exemple du problème. Il a exercé pendant vingt ans en France son métier de chirurgien-dentiste, mais en Israël, il doit batailler au quotidien.

L’équivalence se décompose en deux parties : la partie théorique que j’ai réussi et la partie pratique qui est pratiquement inaccessible, impossible à obtenir. Donc ça fait un an et demi que je suis là et je ne travaille pas.

Ils sont plusieurs à se battre pour faire valoir leurs droits, ils ont même créé une association : Qalita. Elle vise à aider l’intégration de ces immigrés. Le député des Français de l’étranger Meyer Abib menace de faire de la contre publicité pour l’Aliyah si le gouvernement israélien ne reconnait pas rapidement les diplômes français.

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