Cérémonie d'inauguration du Canal de Suez
Cérémonie d'inauguration du Canal de Suez © MaxPPP/EPA

Le président égyptien a inauguré en grande pompe jeudi la seconde voie du canal de Suez, un projet destiné à relancer l'économie en berne et asseoir la légitimité du pouvoir sur la scène internationale. L'importante cérémonie d'inauguration, dont l'invité d'honneur est François Hollande, se tiendra à Ismaïlia.

A la tête d'une fastueuse parade navale, le président Abdel Fattah al-Siss a inauguré jeudi l'élargissement du canal de Suez. Il était suivi par la frégate multimissions FREMM achetée à la France, tandis que les trois premiers avions de combat français Rafale commandés à Paris et huit F16 récemment livrés par le grand allié américain ont participé à un défilé aérien.

"Invité d'honneur" de la cérémonie, François Hollande s'est assis au côté du Président Sissi, qui avait revêtu un costume civil, après l'uniforme militaire revétu pour la parade, pour recevoir ses homologues étrangers.

Des milliers de policiers et militaires ont été déployés dans le secteur après les menaces du groupe jihadiste Etat islamique

Une cérémonie suivie à Ismaëlia par vanessa Descouraux

L'Egypte se voit donc dotée d'une nouvelle voie navigable sur le canal

C'était l'un des engagements du président égyptien Sissi : faire creuser un nouveau canal de Suez. Un défi relevé en un an tout juste. Dès le lendemain de son investiture en juin 2014, le président Sissi dévoile son projet qui a fait sourire les plus sceptiques. En un an, promet-il, il fera construire "le nouveau canal de Suez", en réalité, une deuxième voie de navigation. Le délai est extravagant : un an seulement alors que les ingénieurs en demandaient trois. 400 entreprises privées, dont des filières de l'armée, 25.000 ouvriers mobilisées jour et nuit, 250 millions de mètres cubes de sable et de terre dragués. Le tout supervisé - et c'est incontournable en Egypte - par le corps du génie de l'armée égyptienne. Coût des travaux : huit milliards de dollars (7,4 milliards d'euros).

Multiplier par deux la capacité de transport du canal

Au final la nouvelle voie mesure 72 kilomètres, le canal de Ferdinand de Lesseps est deux fois plus long. Mais elle va permettre une circulation des bateaux dans les deux sens sur cette distance. Augmenter le trafic, mais aussi réduire par deux le temps d'attente des bateaux pour faire grimper les recettes liées au droit de passage du canal. Les autorités ont fait miroiter un chiffre qu'aucun économiste ne valide : multiplier par trois ces revenus en moins de 10 ans seulement.

Le but est de relancer l’économie égyptienne tout en agitant la fibre nationaliste dans le pays, secoué par des attentats terroristes. La manne du transport maritime est donc évidemment bienvenue pour un pays qui souffre de l'effondrement du tourisme et de la raréfaction des investissements étrangers depuis la chute d'Hosni Moubarak en 2011 et les troubles politiques et sécuritaires qu'elle a engendrés.

La France et l'Egypte, la nouvelle love story

Plus d'une centaine de nations seront représentées, mais le pays à l'honneur c'est la France. François Hollande sera d'ailleurs l'un des très rares chefs d'état présent. Car l'armement français acheté récemment par le Caire sera lui aussi célébré.

Abdel Fattah al-Sissi et François Hollande à l'Elysee en novembre 2014
Abdel Fattah al-Sissi et François Hollande à l'Elysee en novembre 2014 © MaxPPP/EPA/Etienne Laurent

Abdel Fatah el Sissi est l'homme qui a négocié un contrat que Paris désespérait de signer un jour : les Rafale, première exportation de l'avion de combat de Dassault. Sissi les voulait et les voulait vite ses avions, justement pour la parade de l'inauguration du canal de Suez. Sur la commande totale de 24 avions, il y a en aura trois ce jeudi après-midi au-dessus du Canal de Suez.

Il y a aura aussi la frégate multi missions qui bat pavillon égyptien, alors que la marine française l'attendait et doit désormais s'arranger comme elle peut pour pallier cette exportation.

Au-delà de ces ventes, Sissi est l'homme de fer sur lequel Paris veut s'appuyerdans un Proche Orient instable et gangrené par les courants fondamentalistes.

La France salue la transition que vit l'Egypte, là où d'autre voix s'inquiètent de la dérive autoritaire d'un pouvoir qui tout de militaire, même s'il porte désormais des habits civils.

Les deux chefs d'Etat doivent avoir jeudi un entretien en tête à tête pour évoquer la lutte contre le terrorisme, la situation au Yémen ou encore la récente intervention militaire turque contre l'EI, mais aussi le réchauffement climatique et l'économie.

infographie Canal de Suez
infographie Canal de Suez © idé
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.