Hakimullah Mehsud
Hakimullah Mehsud © ©STR/EPA/MAXPPP / ©STR/EPA/MAXPPP

Après l'assassinat par un drone américain du chef des taliban pakistanais Hakimullah Mehsud, le Pakistan parle d'une entreprise de "sabotage".

Le gouvernement pakistanais a vivement réagi à la mort de Hakimullah Mehsud en accusant Washington de vouloir "saboter" les pourparlers de paix qu'Islamabad venait d'engager avec les taliban.

L'ambassadeur des Etats-Unis à Islamabad a été convoqué au ministère des Affaires étrangères à Islamabad qui, dans un communiqué, a qualifié l'attaque de "contre productive pour les effets déployés par le Pakistan pour apporter la paix et la satbilité au Pakistan et à la région".

Les précisions à Islamabad de Gaëlle Lussia-Berdou

Hakimullah Mehsud, dont la tête était mise à prix pour cinq millions de dollars aux Etats-Unis, a été tué vendredi soir près de Miranshah, la capitale de la région tribale autonome du Nord-Waziristan.

Selon un combattant taliban, il a péri dans son véhicule après avoir assisté à une réunion de chefs de la milice islamiste. Son corps était "reconnaissable". Son chauffeur et son garde du corps ont également trouvé la mort. Hakimullah Mehsud a été inhumé à la faveur de l'obscurité par une poignée de ses compagnons, qui craignaient que ses funérailles annoncées dans la journée à Miranshah ne soient l'occasion de nouvelles frappes de drones américains, ont dit des sources au sein du mouvement et des services de sécurité pakistanais.

Hakimullah Mehsud, qui était âgé d'une trentaine d'années, avait pris la direction des taliban pakistanais en 2009, après la mort des deux précédents chefs du mouvement dans des frappes de drones américains. Les taliban pakistanais ont appelé à la vengeance, selon un de leur porte-parole:

Chaque goutte de sang de Hakimullah se transformera en kamikaze. L'Amérique et ses alliés ne devraient pas se réjouir car nous allons venger le sang de nos martyrs.

Les islamistes ont voté samedi pour nommer à leur tête l'ancien n°2 du mouvement, Khan Said, alias "Sajna". Khan Said est soupçonné d'être le "cerveau" d'une attaque qui avait permis de libérer 400 prisonniers d'une prison du nord-ouest du Pakistan en 2012, ainsi que d'une attaque contre une base navale pakistanaise.

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