[scald=107767:sdl_editor_representation]par Philip Pullella et Mica Rosenberg

LEON, Mexique (Reuters) - Le pape Benoît XVI est arrivé vendredi au Mexique, porteur d'un message de fermeté contre les cartels de la drogue dans un pays ébranlé par les violences.

L'avion de Benoît XVI a atterri à Leon, bastion catholique dans le centre du pays, où il a reçu l'un des accueils les plus fervents de tout son pontificat.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes l'ont acclamé le long du trajet de 35 km accompli à travers les rues de la ville.

Durant le vol en provenance de Rome, le pape a évoqué le thème de la drogue devant les journalistes qui l'accompagnaient, jugeant qu'il fallait faire "tout notre possible pour combattre ce mal destructeur contre l'humanité et notre jeunesse."

"Il est de la responsabilité de l'Eglise d'éduquer les consciences, d'enseigner la responsabilité morale et de démasquer le mal, démasquer cette idolâtrie de l'argent qui asservit l'homme, démasquer les fausses promesses, les mensonges, la fraude qui se cachent derrière les drogues", a-t-il ajouté.

Benoît XVI, qui aura 85 ans en avril, est descendu lentement de l'appareil en se tenant à la rampe. Il a salué un groupe de jeunes enfants avant de s'adresser à la foule rassemblée à l'aéroport.

D'une voix sûre et calme, il a déclaré en espagnol être venu au Mexique en "pèlerin de la foi, de l'espoir et de l'amour".

"Je prierai spécialement pour ceux dans le besoin, en particulier pour ceux qui endurent les souffrances provoquées par des rivalités anciennes et nouvelles, par les ressentiments et par toutes les formes de violence", a dit le pape.

Ce message pontifical est particulièrement attendu au Mexique, deuxième pays catholique du monde par le nombre de fidèles mais où l'Eglise romaine est en perte de vitesse face aux chrétiens évangélistes.

"ÉPREUVES"

Les mots prononcés par Benoît XVI ont aussi dû résonner favorablement dans les oreilles de Felipe Calderon, venu l'accueillir. Depuis 2006, le président mexicain a engagé une lutte sans merci contre les cartels de la drogue, ce qui a alimenté un cycle de violences responsable de la mort de 50.000 personnes.

L'incapacité du gouvernement à obtenir des résultats probants contre les narcotrafiquants menace cependant les chances du Parti d'action nationale (Pan) pour l'élection présidentielle de juillet.

Felipe Calderon, dont le Pan, formation conservatrice, est sensible aux thèmes portés par l'Eglise catholique, a déclaré à Benoît XVI que sa visite revêtait une importance particulière en cette période où le Mexique traverse de "nombreuses épreuves".

"Le Mexique est victime, comme votre Sainteté le sait bien, de la violence impitoyable et cruelle du crime organisé", a dit le président mexicain dans son message de bienvenue, suivi par une prestation de danseurs et de musiciens traditionnels.

Des centaines de fidèles vêtus de blanc, dont de nombreux enfants autorisés à ne pas se rendre à l'école en cette journée particulière, s'étaient massés depuis le matin le long du trajet emprunté par le souverain pontife. Certains d'entre eux ont déployés une banderole sur laquelle on pouvait lire: "Pape, prie pour la fin des violences, prie pour que la paix revienne".

Au cours de cette visite de trois jours, Benoît XVI va d'abord se reposer 24 heures pour récupérer du décalage horaire. Il rencontrera de nouveau samedi le président Felipe Calderon puis célébrera dimanche une messe en plein air à Leon, à laquelle sont attendus des centaines de milliers de fidèles.

Lundi, le pape s'envolera pour Cuba, seconde étape de ce déplacement en Amérique latine, où il compte encourager le régime communiste à progresser vers la démocratie et à accorder une place plus grande à l'Eglise catholique dans l'espace public.

Philip Pullella et Mica Rosenberg, avec Miguel Angel Gutierrez; Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey pour le service français

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