Pas de grandes festivités pour l’anniversaire du pape, qui prône toujours une église plus moderne. Mais ses intentions sont contestées au sein de la curie.

Le pape, lors d'une discussion avec des journalistes, dans son avion le 1er novembre dernier
Le pape, lors d'une discussion avec des journalistes, dans son avion le 1er novembre dernier © AFP / ETTORE FERRARI / POOL

Au Vatican, la journée de samedi s’annonce parfaitement normale pour le pape François. Et pourtant, ce 17 décembre, Jorge Mario Bergoglio, connu depuis le 13 mars 2013 sous le nom de François, fête son 80e anniversaire.

Mais surtout pas de mondanités pour celui qui prône une “révolution de la tendresse” et souhaite une église plus moderne et plus sociale. Le pape François n’a pas modifié l’agenda de sa journée. Tout juste s’est-il contenté d’appeler les cardinaux à prier pour que sa vieillesse soit “tranquille et religieuse, féconde et aussi joyeuse”, lors d’une messe donnée ce samedi matin.

“La vieillesse est un mot qui semble laid, qui fait peur. Mais la vieillesse est soif de sagesse”.

Alors que les fidèles sont invités à envoyer leurs voeux d’anniversaire par e-mail au souverain pontife (via l’adresse PapeFrancois80@vatican.va, mise en place pour l’occasion), au sein même du Vatican, la présence de ce pape depuis désormais plus de trois ans et demi continue de susciter des tensions au sein de la curie. Les méthodes de François sont parfois jugées brusques et improvisées.

Remise en question

C’est une lettre, adressée par quatre cardinaux au pape, qui a révélé cet automne les tensions qui règnent entre le souverain pontife et une partie de l’église. Les cardinaux lui demandent des précisions sur son exhortation en matière de famille, en particulier sur la communion des divorcés remariés, que le pape juge possible dans certains cas.

L’envoi de ce courrier fait figure d’acte très agressif au Vatican, et sans précédent. “C’est une mise en question de l’autorité, de la légitimité des décisions du pape”, explique le vaticaniste Marco Politi, auteur de François parmi les loups.

Il poursuit : “François veut que l'Eglise sorte d’une obsession pour les questions sexuelles, la pilule, le divorce, les homosexuels (...). Pour une partie de la hiérarchie, c’est perçu comme une perte de l’identité de l’Eglise catholique : c’est pour cela que la lutte souterraine est très acharnée”.

Le pape ne cèdera pas

Face à ces pressions, le pape François n’a nullement l’intention de renoncer. “S’il n’y avait aucune résistance face à son action, il serait inquiet”, affirme Antonio Spadaro, directeur d’une revue jésuite, La Civilta catolica. “Pour lui le problème, ce ne sont pas les résistances en soi, c’est quand les résistances ne s’expriment pas. Je le trouve très serein dans sa conduite de l’église”.

C’est dans ces conditions de tension que le pape présentera ses vœux à la curie la semaine prochaine. Un rendez-vous attendu à Rome avec une certaine fébrilité.

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