[scald=109489:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - L'organisation anti-corruption Transparency a accusé jeudi le parquet de Paris d'entraver la délivrance d'un mandat d'arrêt contre le fils du président de Guinée équatoriale, demandé par deux juges français pour "blanchiment" dans l'enquête sur son patrimoine français.

Dans cette procédure sans précédent concernant un dirigeant africain -Teodorin Obiang est ministre de l'Agriculture- les juges visent son gigantesque patrimoine immobilier et mobilier en France qui, soupçonnent-ils, pourrait avoir été constitué par un pillage de fonds publics.

Le parquet ne s'est pas prononcé à ce jour, comme le veut la procédure, sur la demande des deux juges d'instruction indépendants René Grouman et Roger Le Loire, qui ne peuvent donc pour l'instant aller plus loin.

Pour Me William Bourdon, l'avocat de Transparency, qui est à l'origine de la procédure, "il est inadmissible qu'à nouveau le parquet, fidèle à son attitude d'origine, continue de retarder les développements dans l'affaire des biens mal acquis".

"Teodorin Obiang joue la montre, en espérant obtenir une immunité de fantaisie. Il est fâcheux que le parquet, par son retard, donne l'impression de s'y associer", dit l'avocat dans un communiqué.

Teodorin Obiang a engagé des démarches fin 2011 pour devenir représentant de son pays à l'Unesco ce qui lui conférerait une immunité diplomatique.

Le luxueux immeuble de l'avenue Foch qu'il possédait à Paris a été vidé en février par les juges de tout ce qu'il contenait, oeuvres d'art, vins fins, voitures de luxe.

Les magistrats, saisis depuis 2010 malgré l'opposition du parquet d'une information judiciaire sans précédent pour "recel de détournement de fonds publics", validée par la Cour de cassation en 2010, soupçonnent que ces biens ont été achetés avec des fonds publics équato-guinéens pour un profit privé.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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