Le point sur l'attaque terroriste au Burkina Faso
Le point sur l'attaque terroriste au Burkina Faso © Reuters / Joe Penney

Vingt-neuf personnes, dont deux Français, sont mortes lors d'un raid jihadiste contre un hôtel et un restaurant de Ouagadougou. C’est la première fois que la capitale du Burkina Faso est victime d’une attaque d'une telle ampleur.

Ces deux Français, un homme et une femme, ont été tués au restaurant

Capuccino, selon le Quai d'Orsay.

Les deux Français et le Portugais morts lors de l’attaque travaillaient tous les trois pour une société de transports du Val-d'Oise, la société Scales.

"Nous confirmons le décès de nos collaborateurs Messieurs Arnaud Cazier, Eddie Touati, de nationalité française, et Antonio De Oliveira Basto, de nationalité portugaise, partis en mission au Burkina Faso pour le compte de notre entreprise ", a expliqué le président de Scales, Thierry Costard. La section antiterroriste de Paris ouvre une enquête.

Trois jihadistes ont été identifiés

Ce samedi dans la soirée, le ministre de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, parlait de 29 tués et d’une trentaine de blessés. Il a aussi évoqué, "176 personnes ont pu être secourues". Le ministre du Travail Clément Sawadogo fait partie des rescapés.

La grande majorité des victimes sont des occidentaux mais au moins cinq Burkinabè figurent aussi parmi les victimes. Parmi les victimes on compte 18 nationalités différentes. Il y aurait six Canadiens, deux Français, deux Suisses et un Américain parmi les morts, comme l’on annoncé respectivement les autorités de ces pays.

Les corps de trois jihadistes ont été identifiés. Ce sont des hommes qui ont péri au cours de l'assaut mené durant une douzaine d'heures par les forces de l'ordre burkinabè. Les forces spéciales françaises et américaines les ont aidées.

29 victimes tuées étaient de 18 nationalités différentes

Le ministre de la Sécurité intérieure a expliqué que les terroristes étaient "très jeunes" -"le plus âgé ne doit pas avoir plus de 26 ans". Ils sont arrivés à bord de véhicules immatriculés au Niger.

Dans la nuit, cet acte criminel a été revendiqué par le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), qui l'a attribuée au groupe Al-Mourabitoune du chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar. Cette information a été divulguée par le SITE, une organisation américaine qui surveille les sites internet islamistes.

Une "revanche contre la France et l'Occident mécréant"

L'attaque a été revendiquée par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au nom d'Al Mourabitoune, le groupe du djihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar qui lui a fait allégeance et était déjà impliqué dans l'attaque au scénario similaire menée le 20 novembre contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako, au Mali voisin.

La société SITE qui surveille les messages islamistes diffusés sur internet fait état d'un communiqué en arabe posté vendredi qui annonce que "nos frères moudjahidine au sein d'Aqmi, le bataillon al Mourabitoun, a fait irruption dans un restaurant d'un des plus grands hôtels de la capitale du Burkina Faso". L'opération, toujours selon les surveillances de SITE, est présentée comme une "revanche contre la France et l'Occident mécréant" et un outil pour "inciter la jeunesse de l'oummah au djihad".

La première attaque djihadiste contre la capitale

L'attaque djihadiste, la première contre la capitale du Burkina, visait l'hôtel Splendid et le café-restaurant Cappuccino, voisin, deux établissements voisins prisés des Occidentaux et des soldats français déployés dans le pays dans le cadre de l'opération Barkhane, qui vise à lutter contre les groupes armés djihadistes au Sahel.

Les membres du commando ont d'abord mitraillé la terrasse du Cappuccino et incendié des voitures. "Nous venions d'ouvrir quand nous avons entendu des tirs (...) Il y avait trois hommes qui tiraient en l'air", a raconté un employé du restaurant, Vital Nounayon. "Beaucoup de gens ont abandonné leurs voitures et leurs motos et ont pris la fuite." Le commando s'est ensuite précipité dans le lobby de l'hôtel Splendid, situé de l'autre côté de la rue, où de violents échanges de tirs ont retenti.

Un couple d'Australiens a été enlevé vendredi soir

Dans la nuit, cinq heures environ après les premiers tiers, les forces spéciales burkinabès, appuyées par les forces françaises et américaines, ont donné l'assaut contre l'hôtel.

Mais leur progression a été freinée, les djihadistes ayant piégé à l'explosif les accès aux étages supérieurs de l'établissement. Cette attaque représente un défi pour Roch Marc Kaboré, élu en novembre 2015 et qui vient à peine de nommer son gouvernement.

Le président français François Hollande, qui a dénoncé dans un communiqué une attaque "odieuse et lâche", l'a assuré de son soutien et de celui des forces militaires françaises présentes au Burkina Faso.

A la différence du Mali, le Burkina Faso, qui a certes connu des moments troublés depuis le renversement, en octobre 2014, du président Blaise Compaoré, avait jusqu'à présent été largement épargné par les violences islamistes.

La situation a changé pour ce pays dont la population est à 60% musulmane. En plus de l'attaque de Ouagadougou, on apprenait samedi à la mi-journée qu'un couple d''Australiens, un médecin et sa femme, a été enlevé vendredi soir dans le nord du pays. "Notre poste diplomatique à Accra, au Ghana, travaille avec les autorités

locales au sujet d'un enlèvement présumé", a expliqué un porte-parole australien des Affaires étrangères.

L'ambassade de France a mis en place une cellule de crise. D'après le Quai d'Orsay, un peu plus de 3.900 Français sont installés au Burkina Faso, dont un peu plus de 3.000 dans la capitale.

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