C'est ce jeudi qu'ouvre, à Dakar, le musée des Civilisations noires. Unique en Afrique, il va être inauguré par le Président du Sénégal, Macky Sall, au moment où l’on parle de la restitution d’objets d’art africain par la France.

Après 7 ans de travaux, le Sénégal inaugure jeudi à Dakar le MCN, le musée consacré aux "civilisations noires"
Après 7 ans de travaux, le Sénégal inaugure jeudi à Dakar le MCN, le musée consacré aux "civilisations noires" © Radio France / Isabelle Pasquier

C’est ce jeudi qu’ouvre à Dakar le musée des Civilisations noires. Un espace de 10 000 mètres carrés d’expositions. Un musée qui veut présenter l’histoire de l’Afrique et de sa diaspora depuis le début de l’humanité jusqu’à aujourd’hui avec des œuvres d’art contemporain. 

Unique en Afrique, ce musée est inauguré ce jeudi matin par le Président du Sénégal, Macky Sall au moment où l’on parle de la restitution d’objets d’art africain. Toute la nuit, les équipes du musée ont fini d’installer les œuvres. Un musée construit et offert par les Chinois, en échange de leur influence grandissante dans l’économie sénégalaise. 

Installation de statues créées avec des cauri (monnaies sous forme de coquillages)
Installation de statues créées avec des cauri (monnaies sous forme de coquillages) © Radio France / Isabel Pasquier

Des premiers hommes à l'Afrique contemporaine

Le musée, avec son architecture ronde et des murs couleurs ocre, évoque une case de Casamance. Au cœur du musée, on découvre un gigantesque baobab en métal rouillé... arrivé par container d’Haiti ! Il est signé par l’artiste haïtien Édouard Duval-Carrié. Symbole de vie, il est le symbole de l’Africanité. 

C'est ce que célèbre ce musée : sept millions d’années d’histoire d’une Afrique, berceau de l’humanité. Des premiers hominidés, découverts au Tchad, à l’Afrique d’aujourd’hui en passant par la découverte de la métallurgie, quand le reste du monde en était encore à la taille de pierre. 

Quelques oeuvres du MCN de Darkar
Quelques oeuvres du MCN de Darkar © Radio France / Isabel Pasquier

Le débat sur la restitution d'objets plane

Dans ce musée, on ne tient pas à "essentialiser", à "surévaluer" la période coloniale qui ne représente que 200 ans sur les sept millions d’années de l’histoire du continent africain. Mais bien sûr, ici le débat sur la restitution d’objets d’art africain est plus que sensible ! La question se pose notamment pour ce sabre d’El Hadj Omar, grand chef de guerre soufi résistant aux français. Un sabre sacré pour la confrérie Tidiane et qui a été prêté par le musée des Invalides. Pour Hamady Bocoum, le directeur du musée, ce sabre fait partie de l’histoire et du patrimoine du Sénégal. 

"_Pour l'instant nous attendons de voir quel est l'état de l'inventaire. Ensuite on discutera en professionnels pour voir comment on va faire évoluer ces questions-là. L_a plupart de ces objets dits d'art africain n'ont jamais été des objets d'art ici, c'étaient des objets de culte", explique-t-il. 

Ce qu'il y a dans les musées européens représente pour l'essentiel l'Afrique subalterne

Le directeur du musée affirme par ailleurs que "pour le Sénégal, les objets dont on avait besoin, on les a dans le musée. Ce qu'il faut éviter par contre, c'est le circuit de la circulation, qui coûte extrêmement cher : si vous déplacez une oeuvre, on vous demande des dizaines de milliers d'euros pour les assurances notamment, ça ne vaut pas le coup". 

Le quai Branly a prêté 18 masques au musée des Civilisations noires. Pour le Sénégal qui pourrait revendiquer la restitution d’environ 5 000 objets, ce musée est la preuve qu’il a les moyens de les exposer et les conserver.

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