Le comité Nobel récompense cette année la Campagne international pour l'abolition des armes nucléaires, lancée en 2007 par une coalition d'ONG.

Manifestation de militants d'Ican à Berlin, en Allemagne, le 13 septembre 2017.
Manifestation de militants d'Ican à Berlin, en Allemagne, le 13 septembre 2017. © Maxppp / Britta Pedersen

Le comité Nobel a décidé de récompenser la lutte contre l'arme atomique. Le prix Nobel de la paix a été attribué, ce vendredi à Oslo, à ICAN, la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires, lancée par une coalition d'ONG.

"Nous vivons dans un monde où le risque que les armes nucléaires soient utilisées est plus élevé qu'il ne l'a été depuis longtemps," a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen, qui a appelé les puissances nucléaires à entamer des "négociations sérieuses" en vue d'éliminer leur arsenal.

Lancée il y a dix ans, ICAN regroupe plus de 450 ONG à travers le monde, avec pour objectif l'interdiction des armes nucléaires. Sur fond de tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord, et alors que le sort de l'accord sur le nucléaire Iranien est incertain, la Campagne faisait office de favorite pour ce prix Nobel de la paix 2017.

Un traité symbolique, un message pour Emmanuel Macron

ICAN s'est illustrée cette année après l'adoption à l'ONU, le 7 juillet dernier, d'un traité interdisant les armes atomiques. Un texte que l'ONG a porté et dont elle se réjouit, même si le texte n'a qu'une portée symbolique : les négociations, menées par 141 États, ont été boycottées par les puissances nucléaires, dont la France.

"Nous avons obtenu que les armes nucléaires soient considérées comme des armes illégales au même titre que les armes chimiques et bactériologiques", réagit aujourd'hui, dans un communiqué, Jean-Marie Collin, membre du conseil d'administration d’ICAN France, avant de s'adresser directement à Emmanuel Macron.

À ce titre, je remarque que la France qui critique violemment cette avancée juridique va à l’encontre de la marche de l’histoire ; mais j’espère que ce prix Nobel va ouvrir les yeux du Président qui se veut lui être en marche…

"Cette initiative ignore clairement les réalités de l'environnement sécuritaire international", avaient fustigé à l'époque la France, les États-Unis et le Royaume-Uni dans un communiqué conjoint. "Ce prix Nobel est une consécration, mais c'est aussi un début, affirme Dominique Lalanne, le porte-parole d'ICAN France, au micro de Christian Chesnot. Au niveau mondial, les deux tiers des pays sont favorables à l'élimination des armes nucléaires. On espère passer au niveau supérieur surtout pour que les pays nucléaires acceptent de débattre."

Le combat contre le désarmement nucléaire récompensé tous les dix ans

En 2005, le prix Nobel de la paix avait déjà été attribué à l'Agence internationale de l'énergie atomique et à son chef, Mohamed ElBaradei, pour leurs efforts contre la prolifération des armes nucléaires. Dix ans plus tôt, en 1995, c'était Józef Rotblat, un physicien polonais adversaire des armes nucléaires, et le mouvement Pugwash qui avaient été récompensés. Quant au prix Nobel de la paix 1985, il avait été remis à l'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire. Le dissident soviétique Andreï Sakharov a, lui, reçu le prix Nobel de la paix en 1975.

En trente ans, selon le Bulletin of the Atomic Scientists (BAS), le nombre d'ogives nucléaires dans le monde est passé d'environ 64.000 à 9.000. Neuf pays possèdent aujourd'hui l'arme atomique : les États-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne, la Chine, l'Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et l'Israël.

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