[scald=70767:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste rejette la "germanophobie" que lui impute le parti de Nicolas Sarkozy mais demande un autre accord sur la crise de la dette avec l'Allemagne qu'une réforme des traités imposant à ses yeux une austérité structurelle.

Le directeur de cabinet de François Hollande, favori pour le scrutin de 2012, a répondu lundi aux appels de la droite à faire cesser les attaques sur l'Allemagne à quelques heures d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à Berlin et d'un discours du candidat PS devant le SPD allemand à Berlin.

Pierre Moscovici a estimé sur LCI que les attaques sur les socialistes procédaient d'une "opération de communication visant à discréditer la gauche comme si elle était l'anti-France".

"François Fillon ferait mieux de se taire et de faire son travail (...) C'est une opération de communication bien montée depuis l'Elysée, pour laisser penser qu'il y a des gens sérieux et des gens pas sérieux", a dit Pierre Moscovici.

A ses yeux, la majorité et Nicolas Sarkozy cherchent à faire oublier une défaite diplomatique du chef de l'Etat français devant la chancelière allemande, qui imposé l'idée d'une rigueur budgétaire accrue soumise à un contrôle supranational, sans céder sur la proposition française d'un rôle accru de la Banque centrale européenne (BCE).

Selon Pierre Moscovici, condamner cette relation franco-allemande n'a rien de germanophobe : "(Nicolas Sarkozy) demande et (Angela Merkel) ne veut pas. Elle veut et il accepte".

"L'amitié franco-allemande n'est pas l'austérité pour toujours. C'est une manipulation grotesque", a-t-il dit. Le PS rejette l'idée d'un traité à ses yeux inutile et qui nécessiterait une procédure trop longue, selon lui.

François Hollande, a-t-il dit, propose un "pacte" immédiat favorisant la croissance avec une intervention de la BCE, un élargissement du rôle du Fonds européen de stabilité financière qui deviendrait "une sorte de banque", a dit Pierre Moscovici.

Le PS a rejeté les déclarations de dirigeants de son parti évoquant le chancelier Bismarck et la période des années 1930 et diffusé durant le week-end un discours de Nicolas Sarkozy en 2007 où il déclarait à l'adresse de l'Allemagne : "la France n'a pas exterminé un peuple, elle n'a pas commis de génocide".

Thierry Lévêque, édité par Benjamin Massot

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