Vladimir Poutine tient, ce jeudi, sa grande conférence de presse annuelle à trois mois d'une présidentielle où il sera candidat pour un quatrième mandat. Une élection qu'il parait d'ores et déjà certain de pouvoir remporter, tellement tout semble réussir à ce président russe.

Le président Russe a annoncé lundi, sur la base aérienne d'Hmeimim, le retrait de ses troupes déployées depuis deux ans en Syrie
Le président Russe a annoncé lundi, sur la base aérienne d'Hmeimim, le retrait de ses troupes déployées depuis deux ans en Syrie © AFP / ANADOLU AGENCY / Kremlin Press Office / Handout

L'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie a demandé mercredi à la Russie de convaincre le gouvernement syrien de la nécessité de conclure un accord de paix. Qui aurait pu imaginer il y a encore quelques années, qu'un président russe devienne incontournable pour résoudre une crise de cette ampleur concernant une zone, un pays qui ne faisaient pas partie de la sphère "idéologique" ou commerciale russe. 

J’ai pris la décision qu’une grande partie du contingent déployé (…) retourne en Russie 

Considérant que la tâche qu'il s'était assigné est accomplie, le président Russe a annoncé lundi le retrait de ses troupes déployées depuis deux ans en Syrie, sans se soucier de l'avis des États-Unis ou de la France sur la question. Vladimir Poutine a fait cette déclaration lors d'une escale surprise en Syrie.

Sur la base aérienne d'Hmeimim avec Bachar al-Assad, le président russe a félicité l'action de son pays : "Oui, la menace terroriste reste très élevée dans le monde. Cependant, la mission de lutter contre les bandes de terroristes ici, en Syrie, qui était nécessaire avec un recours de grande ampleur aux forces armées, a été dans l'ensemble accomplie, brillamment accomplie"

Un action qui a en effet changé la donne en Syrie en permettant à Bachar al-Assad de reprendre le contrôle d'une grande partie du territoire aux rebelles et au groupe djihadiste État islamique. Un conflit qui a fait au moins 340 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

On n'attendait pas non plus Vladimir Poutine sur le conflit israélo-palestinien. Le président russe a pourtant voulu marquer fortement sa position sur la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël en accusant Washington de se faire complice de la violence. "Avec cette décision (...) les États-Unis portent une part de responsabilité dans l'effusion de sang", a-t-il déclaré.

À ses compatriotes il apportera probablement, ce jeudi, ses éclairages sur les façons de vaincre le terrorisme en Syrie ou de faire la paix avec la Corée du Nord.

Quatrième mandat

Si Vladimir Poutine se tourne autant vers l'international, c'est peut-être parce que "chez lui" tout lui semble déjà acquis. À la tête du pays depuis près de 18 ans, Vladimir Poutine a annoncé mercredi dernier sa candidature à l'élection de mars 2018 pour un quatrième mandat. Ce qui - en cas de (probable) victoire - le placerait à la tête du pays jusqu'en 2024…

Une annonce qui ne s'apparente nullement à un défi puisque le président sortant bénéficie d'une enviable cote de popularité et que les instituts de sondage le créditent de 53% d'intentions de votes. Un état de grace permanent en quelque sorte...

Le président Poutine, 65 ans, cet été durant ses vacances en Sibérie
Le président Poutine, 65 ans, cet été durant ses vacances en Sibérie © AFP / SPUTNIK / Alexey NIKOLSKY

Ses concitoyens ne semblent pas lui tenir rigueur du net recul des droits de l'Homme et des libertés que connait la Russie - peut-être parce qu’il a si bien su bâillonner l'opposition - et lui sont reconnaissants d'avoir donné au pays et une nouvelle stabilité et une prospérité, due notamment à la manne pétrolière.

Le très aimé Vladimir Vladimirovitch fait d'ailleurs l'objet d'une exposition à Moscou, sobrement intitulée "SUPERPOUTINE" et qui montre le président en train de cajoler un chiot, brandir le drapeau russe tout en chevauchant un ours ou encore tirer au lance-roquettes des missiles aux couleurs de la Russie et ceci grâce à trente peintres et sculpteurs qui ont voulu représenter "Vladimir Poutine sous ses aspects positifs. Chacun l'aime, le respecte et le soutient", comme l'explique l'organisatrice de l'exposition qui compte emmener les œuvres ensuite à Berlin et Londres. 

Le président "sportif" privé de Jeux

Le super président vient tout de même d'essuyer un échec puisque le 5 décembre le Comité international olympique (CIO) a décidé d'exclure la Russie des JO-2018 de Pyeongchang, en raison du scandale de dopage institutionnalisé frappant le pays. Le CIO a annoncé qu'il n'acceptera la participation que des sportifs russes "propres", sous de strictes conditions et sous la bannière olympique.

Le camouflet a dû être difficile à digérer pour le président russe et pourtant… Alors que plusieurs députés et sénateurs russes, indignés, ont estimé qu'il serait humiliant pour la Russie de participer sous drapeau olympique, laissant entendre qu'un boycott serait préférable, le lendemain Vladimir Poutine a certes dénoncé une suspension "politiquement motivée" (NDLR par les États-Unis), mais a également annoncé que la Russie ne boycotterait pas les Jeux et n'empêcherait pas les sportifs qui le souhaitent d'y participer. 

Peut-être cette mansuétude est due au fait que la Russie se prépare à accueillir en 2018 l'événement sportif le plus suivi de la planète : le Mondial de football. 

L'exposition SUPERPOUTINE au musée UMAM à Moscou, jusqu'au 15 janvier.
L'exposition SUPERPOUTINE au musée UMAM à Moscou, jusqu'au 15 janvier. © AFP / Anadolu Agency / Sefa Karacan
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