Les Québécois ont porté hier pour la première fois au pouvoir la Coalition Avenir Québec, un parti nationaliste non-indépendantiste qui souhaite réduire la place de l'État et réguler l'immigration.

La CAQ de François Legault a emporté les élections au Québec
La CAQ de François Legault a emporté les élections au Québec © AFP / Martin Ouelet-Diotte

La CAQ (coalition créée en 2011, disposera de la majorité absolue à l'Assemblée nationale québécoise. Il s'agit d'un véritable tournant après une cinquantaine d'années où le Québec a été dirigé par le parti libéral ou le parti Québécois.

La page de l'indépendance est totalement tournée d'autant que l'indépendance du Québec n'a même pas été un thème de campagne.

Pourtant le nouvel homme fort du Quebec, François Legault, a été indépendantiste. Il ne l'est plus. Mais il a monté de toutes pièces une coalition d’adéquistes (Avenir Québec), de péquistes (Parti Québécois, indépendantiste) et de libéraux, qu’il a bâtie au fil des sept dernières années, et qui sera appelée à former un gouvernement majoritaire.

Si François Legault, ancien homme d'affaires, futur Premier ministre et leader de la coalition Avenir Québec, a gagné, c'est parce qu'il a mené campagne sur deux thèmes aguicheurs : le premier, la place de l'État (qu'il faut réduire selon lui pour être plus efficace).

Le second : l'immigration, avec la promesse de réduire de 20 % le nombre d'immigrés, ce qui représente  40 000 à 50 000 visas de moins par an.

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Une victoire saluée par le Premier ministre canadien

Un comble dans un pays qui frôle le plein emploi et qui manque cruellement de main d'œuvre. Mais c'est une évidence pour le chef de cette coalition de droite qui a su jouer avec la peur de la perte d'identité.

Legault a expliqué vouloir protéger la nation, lutter contre le déclin de la langue française : une sorte de "Québec first", déclinée en direction notamment d'un électorat rural, inquiet après l'accord signé entre les États Unis et le Canada et qui libéralise une partie du secteur laitier.

Et cela a fonctionné puisque son parti obtient la majorité absolue avec 74 sièges sur 125 que compte le parlement, les libéraux qui étaient majoritaires se consolent avec seulement 32 sièges.

Justin Trudeau, le Premier ministre canadien libéral, a salué la victoire du nouvel homme fort du Québec. Il a promis de travailler avec lui. Il n'oublie pas non plus qu'il devra remettre son mandat en jeu l'année prochaine, et la défaite de son camp au Québec n'est pas de bonne augure pour l'élection qui arrive au Canada.

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