Après une nouvelle vidéo d'agression, un sit-in a notamment été organisé mercredi 23 août dans plusieurs villes marocaines.

300 personnes se sont rassemblées à Casablanca le 23 août 2017, après un rendez vous fixé sur les réseaux sociaux.
300 personnes se sont rassemblées à Casablanca le 23 août 2017, après un rendez vous fixé sur les réseaux sociaux. © AFP / STRINGER / AFP

En quelques jours, plusieurs vidéos de femmes agressées au Maroc ont enflammé les réseaux sociaux. La dernière en date, une jeune fille subissant des attouchements dans un bus, sans que personne ne réagisse, pourrait bien relancer le débat sur le harcèlement sexuel au Maroc. Des sit-in organisés ce mercredi 23 août pour soutenir la victime ont rassemblé 300 personnes à Casablanca, 200 à Rabat.

Où en est la loi au Maroc ?

Depuis la dernière révision du code du statut personnel marocain en 2004, le harcèlement sexuel est puni par la loi. Un progrès dans ce pays où deux femmes sur trois sont victimes de violences d'après des chiffres officiels. Pourtant le police ferme les yeux sur la plupart de ces agressions, puisque "la loi marocaine condamne le harcèlement des femmes au travail, mais pas dans les espaces publics", a déclaré Mustapha Ramid, ministre d’Etat chargé des droits de l’homme au début du mois d'août.

Mais cette fois, la voix des victimes pourraient être entendue grâce aux réseaux sociaux. Dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 août, la vidéo d'une jeune femme agressée en pleine journée à l'arrière d'un bus par quatre hommes est postée sur internet. Les faits se déroulent à Casablanca ils remontent a trois mois. Sur les images, la victime en larmes, supplie ses agresseurs qui s'esclaffent et l'insultent.

Les médias et les réseaux sociaux s'emparent de l'affaire. Surtout, que quelques jours auparavant, c'est cette fois la vidéo d'une jeune femme en jean et en t-shirt poursuivie par une horde d'hommes sur une avenue de Tanger, qui suscite des réactions.

Résultat, la DGNS, (la Direction Générale de la Sûreté Nationale), bouge et annonce ce lundi l'arrestation de six personnes âgés de 15 à 17 ans "pour leur implication présumée dans l’agression sexuelle d’une jeune fille dans un bus à Casablanca".

La mobilisation s'organise sur internet

Plusieurs pétitions circulent, des événements sont organisés sur Facebook, des cris de ralliement retentissent sur Twitter. Cette agression serait-elle celle de trop ? En 2015 déjà, plusieurs manifestations ont eu lieu au Maroc. Deux jeunes filles avaient été poursuivies pour avoir portées des jupes trop courtes à Inezgane. La pression à l'époque, n'avait pas engendré d'avancées législatives. L'ancienne ministre de la famille, Nouzha Skalli, n'a d'ailleurs jamais réussi à faire passer son grand projet de loi contre le harcèlement sexuel.

Sur Facebook, plusieurs appels à se rassembler circulent.
Sur Facebook, plusieurs appels à se rassembler circulent. / Facebook

"Une idéologie moyenâgeuse et dangereuse." - Nouzha Skalli, ancienne ministre de la famille du Maroc.

Dans un pays tiraillé entre modernité et conservatisme, c'est la société civilequi doit exercer des pressions, comme dans ce cas-ci selon la ministre, pour faire avancer les choses.

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