Nicolas Sarkoy a commencé son quinquennat sur un tempo pro-israélien. Lors de la campagne de 2007, il n'hésitait pas à déclarer lors d'une réunion avec les ambassadeurs arabes accrédités à Paris :"je vous le dit clairement, je suis l'ami d'Israël!" Cinq ans plus tard, il est revenu à une position équilibrée, c'est-à-dire à mi distance entre Israéliens et Palestiniens. Irrité par son "ami" Benjamin Netanyahou, Nicolas Sarkozy a finalement donné son feu vert pour l'admission de la Palestine à l'UNESCO en tant que membre à part entière à l'automne 2011.

Dans la diplomatie sarkozienne au Machrek et au Maghreb, il y a un personnage clé. Avec l'émir du Qatar, cheikh Hamad ibn Khalifa Al-Thani, c'est le coup de foudre. Les deux hommes partagent la même attirance pour une diplomatie décomplexée et aventureuse. Cette lune de miel entre Paris et Doha va énerver les Saoudiens, jugés trop compliqués et peu dynamiques par l'Elysée. Un signe ne trompe pas: le dernier grand contrat militaire signé entre la France et l' Arabie saoudite remonte à novembre 1994 avec la vente de trois frégates, de classe La Fayette. Depuis plus rien... Même désert côté contrats civils : le TGV, qui devait relier la Mecque à Médine, a été soufflé par les Espagnols. Un camouflet pour l'Elysée. Mais avec le Qatar, les relations ont pris une dimension spectaculaire.

Hubert Coudurier publie "Et les masques sont tombés-Les coulisses du quinquennat" (Editions Robert Laffont)

Le fil rouge de la diplomatie sarkozienne durant ce quinquennat, c'est la Libye. De la libération des infirmières bulgares, en passant par la visite controversée du colonel Kadhafi à Paris en décembre 2007, jusqu'à la chute du régime en 2011, le dossier libyen résume l'action de Nicolas Sarkozy: une diplomatie qui n'hésite pas à changer à 180 degrés quand les circonstances l'exigent.

Le président français avait espérer 10 milliards d'euros de contrats en Libye... il va se transformer en chef de guerre. Un de ses conseillers nous confiera : "Kadhafi n'a pas tenu parole concernant les contrats promis, nous ne l'avons pas raté ensuite..." La France intervient donc militairement en Libye au nom des droits de l'homme. Paris ne commet pas l'erreur de Georges Bush en Irak de mettre des troupes au sol. Au final, comme en Irak, le résultat de l'action militaire est un changement de régime...

Gilles Delafon, auteur de "Le règne du mépris- Nicolas Sarkozy et les diplomates, 2007-2011" (Editions du Toucan)

Le bilan de Nicolas Sarkozy dans le monde arabe apparaît mitigé. Il a renoué avec l'Irak, participé à l'établissement de relations étatiques entre le Liban et la Syrie et installé une base militaire à Abou Dhabi. Mais lui qui voulait la rupture avec ses prédécesseurs, il est revenu à la politique traditionnelle de la France à la fin de son mandat... après quelques coups de volant spectaculaires!

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