Le régime syrien a repris la main sur Alep, deuxième ville du pays, remportant sa plus grande victoire face aux rebelles depuis le début de la guerre en 2011.

Un soldat de l'armée syrienne fait le signe de la victoire sur les hauteurs de Alep
Un soldat de l'armée syrienne fait le signe de la victoire sur les hauteurs de Alep © Reuters / Sana Sana

L'armée syrienne a annoncé jeudi soir avoir repris le controle total d'Alep, une annonce faite après que les derniers civils aient été évacués. C'est la fin d'un conflit vieux de quatre ans, dans la deuxième plus grande ville du pays, et tout un symbole pour la rébellion non djihadiste.

Une prise essentielle pour Bachar el Assad qui récupère ainsi cette ville à la fois stratégique géographiquement, mais aussi économiquement. La reprise d'Alep est aussi une victoire pour la Russie et l'action décisive de Vladimir Poutine, qui intervient militairement en Syrie depuis septembre 2015.

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L'opération d'évacuation, démarrée le 15 décembre, a permis de faire sortir d'Alep plus de 34.000 civils et rebelles selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).Aussitôt après l'annonce, des tirs de célébration ont éclaté et des milliers de personnes ont envahi les rues dans les quartiers Ouest tenus par le régime depuis 2012. Avec la reconquête totale de la cité, le gouvernement syrien contrôle désormais les cinq principales villes du pays: Alep, Homs, Hama, Damas et Lattaquié.

Une défaite cuisante pour les alliés de l'opposition

La reprise d’Alep constitue une défaite pour les alliés de l'opposition - monarchies du Golfe, Turquie et pays occidentaux - qui voyaient dans les rebelles une alternative au régime en place depuis un demi-siècle. Avec l'appui de l'aviation russe, l'armée syrienne avait, en revanche, mené ces derniers mois offensive après offensive pour reprendre les quartiers Est. C'est la dernière en date, lancée le 15 novembre, qui a brisé les défenses rebelles, incapables de résister à la puissance de feu terrestre et aérienne déployée par Damas et ses alliés étrangers (Hezbollah, milices iraniennes et irakiennes, Russie).

Des quartiers entièrement rasés

Les quartiers d'Alep-Est ont été presque rasés par les bombardements aériens des derniers mois, rappelant les destructions de villes comme Berlin en 1945, Guernica (Espagne) ou encore Grozny (Tchétchénie). En quatre semaines, du 15 novembre au 15 décembre, l'opération militaire a tué plus de 465 civils, dont 62 enfants, à Alep-Est, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), tandis que 142 civils, dont 42 enfants, ont été tués par des tirs rebelles dans l'ouest de la ville. Outre les bombardements, la population d'Alep-Est, estimée avant l'offensive à 250.000 personnes, subissait un siège asphyxiant depuis le 17 juillet, souffrant d'une pénurie quasi totale de nourriture, de médicaments et de carburant.

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