Raül Romeva était ce vendredi l'invité du journal de 13h de France Inter. Il demande une médiation pour régler le conflit qui oppose le gouvernement catalan à Madrid.

Raül Romeva au Parlement européen, à Bruxelles, en janvier 2017.
Raül Romeva au Parlement européen, à Bruxelles, en janvier 2017. © Maxppp / Stéphanie Lecocq

La tension est toujours très vive entre les indépendantistes catalans et Madrid, près d'une semaine après le référendum d'autodétermination qui a fait près de 900 blessés, selon le gouvernement catalan. S'il y a bien des gestes d'apaisement, ils restent timides. Ce vendredi, le responsable des Entreprises au sein du gouvernement catalan, Santi Vila, a symboliquement réclamé "un cessez-le-feu". Dans le même temps, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy a appelé les séparatistes à dissoudre leur parlement et à convoquer des élections.

Sur France Inter, Raül Romeva, le responsable catalan des relations internationales, réclame, lui, une médiation pour résoudre la crise : "Nous avons toujours demandé un dialogue politique, que tout cela se fasse autour d'une table. Mais ce n'est pas à moi de dire qui doit mener cette médiation."

À propos de l'Union européenne et des États membres qui ne reconnaissent pas les résultats du référendum de dimanche dernier, Raül Romeva se veut plus offensif :

Les 900 blessés que nous avons eu dimanche, à cause de la force policière d'un État membre, sont des citoyens européens. Ce que j'attends de l'Union européenne, c'est qu'elle prenne ses responsabilités, qu'elle suive l'article 2 du traité de l'Union européenne : le respect des droits fondamentaux. Plus de deux millions de personnes ont exercé leur droit de vote.

"Nous ne sommes pas dans un État de droit"

Dans un communiqué publié ce vendredi, le président séparatiste catalan, Carles Puigdemont, a annoncé qu'il repoussait à mardi son intervention devant le parlement régional, au cours de laquelle il devait s'exprimer sur les conséquences du référendum. Initialement prévue lundi, la séance a été suspendue par la Cour constitutionnelle, saisie par le Parti socialiste, opposé à toute sécession. "C'est un exemple de plus qui montre que nous ne sommes pas dans un État de droit", estime Raül Romeva, pour qui la légalité du référendum est une question "politique".

On a de plus en plus la sensation que la Cour constitutionnelle est un acteur politique. Ce n'est pas un juge impartial. J'insiste : le parlement a le droit de se réunir.

Par ailleurs, alors que l'Espagne joue ce vendredi soir contre l'Albanie, en match éliminatoire de la Coupe du monde de football, Raül Romeva a refusé de dire s'il soutenait la sélection nationale. Mardi, le FC Barcelone a fait grève pour dénoncer les violences policières de dimanche dernier. À Madrid, le défenseur catalan Gerald Piqué a été hué par le public au premier jour du rassemblement de la sélection espagnole.

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