Au pouvoir depuis le 1er juin, le président du Salvador, Nayib Bukele, a vanté l'exploit de son pays : un jour sans meurtre. C'était le 31 juillet 2019 et c'était une première depuis plus de deux ans. Le pays considéré comme l'un des plus dangereux au monde n'a vécu que huit jours sans homicide depuis l'année 2000.

Pour la première en plus de deux ans, pendant une journée, aucun meurtre n'a été commis le 31 juillet 2019.
Pour la première en plus de deux ans, pendant une journée, aucun meurtre n'a été commis le 31 juillet 2019. © AFP / MARVIN RECINOS

Le 31 juillet 2019 est une date dont les Salvadoriens vont se souvenir. Lors du dernier jour du mois de juillet aucun meurtre n'a été recensé dans le pays. Le Président de la République du Salvador, Nayib Bukele a tenu a partagé cette information avec ses concitoyens face à la rareté de l’événement. Et pour cause, c'est une première depuis le 11 janvier 2017 raconte le quotidien britannique The Independant.

Dans un tweet publié le 1er août le président se félicite : "Nous pouvons confirmer que nous avons terminé la journée avec 0 homicide sur tout le territoire national".

Ce petit pays d'Amérique centrale fait partie des pays les plus dangereux et violents dans le monde alors qu'il est en paix. Chaque jour, le Salvador est confronté à des violences notamment entre des membres de gangs. 

D'après les autorités, les gangs sont représentés par près de 60 000 membres et ils sont à l'origine de la majorité des homicides commis dans le pays. 

Nayib Bukele, la lueur d'espoir du Salvador

En poste depuis le 1er juin 2019, Nayib Bukele a crée la surprise lors de son élection. À 37 ans, le nouveau président a su séduire les Salvadoriens dès le premier tour avec 53 % des suffrages. 

Depuis 1992 et la fin de la sanglante guerre civile, le pays alternait entre la droite républicaine et nationaliste, Arena et l'ex-guerilla, le Front Farabundo Martí de libération nationale. Mais avec l'arrivée du mouvement citoyen Nuevas Ideas, initié par Nayib Bukele, le pays a changé de cap et s'est tourné vers la nouveauté et le centre. 

Charismatique, adepte des réseaux sociaux, veste en cuir, Nayib Bukele veut dynamiser le pays et surtout lutter contre la misère et la violence qui pousse des milliers de Salvadoriens à fuir chaque année. Sur les 6,6 millions d'habitants dans le pays, près de 30 % vivent sous le seuil de pauvreté. 

Nayib Bukele veut en finir avec la misère et les violences au Salvador
Nayib Bukele veut en finir avec la misère et les violences au Salvador © AFP / MARVIN RECINOS

Après seulement deux mois au pouvoir, la journée du 31 juillet 2019 a donc été une victoire pour le chef de l'État qui dit vouloir privilégier la prévention et la réinsertion pour combattre la violence dans le pays avec son plan "Sécuriser le Salvador". 

Ce projet comporte cinq objectifs : prévenir le crime et la violence, améliorer le système judiciaire, réhabiliter les criminels, assurer une plus grande protection des victimes et renforcer les institutions qui assurent la sécurité des citoyens. 

Le nombre de meurtre en baisse chaque année 

Rogelio Rivas, le nouveau ministre de la justice, a déclaré qu'il y avait eu un total de 154 meurtres en juillet 2019, contre 291 l'année précédente, une baisse presque de moitié en seulement un an. 

Mais ce constat peut être fait depuis plusieurs années. Le nombre de meurtres est en baisse au Salvador, en 2018, le pays a dénombré 3 340 homicides, ce qui représente une baisse de 15 % par rapport à l'année 2017.  Selon des statistiques publiées en début d'année 2019, le nombre de meurtres au Salvador représente aujourd'hui un taux de 51 meurtres pour 100 000 habitants alors que trois ans plus tôt il était de 81 pour 100 000 habitants.

Pourtant, même avec ces baisses, d'après Human Right Watch, le Salvador a toujours "l'un des taux d'homicides les plus élevés au monde". 

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