Jason Spencer a prévu de quitter ses fonctions au Parlement de l'État de Géorgie ce 31 juillet. L'élu républicain a été piégé dans la nouvelle émission du comédien Sacha Baron Cohen. On l'y voit notamment crier des insultes racistes... les fesses à l'air.

Jason Spencer tente de repousser un « terroriste islamiste » censé avoir peur de devenir homosexuel.
Jason Spencer tente de repousser un « terroriste islamiste » censé avoir peur de devenir homosexuel. © capture d'écran Youtube / Showtime

Montrer ses fesses, imiter (avec tous les pires clichés du genre) un touriste chinois, ou encore hurler"nigger" (nègre)... Jason Spencer a tout fait, sans broncher. Cet élu républicain du Parlement de l'État de Géorgie, aux États-Unis, participait à la nouvelle émission de Sacha Baron Cohen Who is America ? (Qui est l'Amérique ?), dont le deuxième épisode a été diffusé le 22 juillet dernier. Le comédien britannique, grimé en expert israélien de la lutte anti-terroriste, lui apprend alors des "techniques" pour identifier et faire fuir un terroriste ou impressionner un preneur d'otage.

Dans cette séquence, le faux expert israélien Erran Morad tend des perches et Jason Spencer ne se fait pas prier pour les saisir. C'est ce qui a provoqué un tollé aux États-Unis, l'élu républicain ayant déjà été accusé de racisme. En août 2017, lors d'un débat au Parlement de Géorgie, il avait dit à l'une de ses collègues noire qu'elle devrait "disparaître" si les statues confédérées étaient démontées. Cette fois, et selon le quotidien Journal-Constitution d'Atlanta, Jaspon Spencer a décidé de rendre son mandat au 31 juillet.

C'est donc la première victime politique de Sacha Baron Cohen qui, avec sa nouvelle émission, compte dénoncer les peurs et les dérives de la société américaine. Who is America est une série de sept épisodes diffusés sur le réseau Showtime. Dans le premier épisode, deux autres parlementaires républicains se font eux piéger en enregistrant un clip de soutien au faux-programme "Kinder guardians" de formation des enfants aux maniement des armes à feu dès l'âge de trois ans.

D'autres personnages, d'autres victimes

Depuis 2000 et son émission Da Ali G Show récompensé d'un BAFTA, Sacha Baron Cohen est connu pour ses talents de transformiste. Ses personnages comme le rappeur Ali G, le journaliste kazakh Borat, et le journaliste de mode homosexuel autrichien Brüno interviewent tour à tour des célébrités ou des anonymes convaincus qu'il s'agit d'un véritable entretien. Chacun d'eux, cruel et misanthrope, a même eu droit à son film. 

  • Ali G, le mâle blanc idiot voulant ressembler à un gangsta

Affublé d'un collier de barbe, d'un bandana, ou encore de lunettes teintées de jaune, Sacha Baron Cohen a interviewé de nombreuses personnalités sous les traits d'Ali G. Il appelle ainsi l'ancien premier secrétaire général des Nations Unies "Boutros Boutros Boutros-Ghali" et lui fait dire _"baissez les armes et écoutez Bob Marley", i_l fume du cannabis avec l'ancien député britannique et conservateur Neil Hamilton, et il demande des conseils à Donald Trump pour se lancer dans un business de gant pour crème glacée.

  • Brüno, le roi de la mode à la recherche de la célébrité

Dans le film éponyme (2009), Sacha Baron Cohen réunit autour d'une table l'ex-agent du Mossad Yossi Alpher et l'homme politique palestinien Ghassan Khatib pour conclure un accord de paix israélo-palestinien. Tentative évidemment soldée par un échec après avoir confondu volontairement Hamas et houmous. Brüno essaie également de draguer un ancien candidat à la présidentielle américaine, le candidat libertarien Ron Paul, au cours d'une séquence forcément très gênante.

  • Borat, le Kazakh raciste et antisémite qui rêve d'Amérique

Le film Borat : Leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan (2006) reste la satire la plus acerbe de Sacha Baron Cohen contre les États-Unis. Comme Brüno, c'est un faux documentaire. La fausse équipe de tournage kazakh rencontre de vrais citoyens américains à travers le pays. Lors d'un rodéo, Borat se fait ainsi acclamer par la foule à qui il décrit la politique de George W. Bush qui va "boire le sang de chaque homme, femme et enfant d'Irak". Il réussit à acheter un armer pour "tirer des juifs" ou se fait encore conseiller de se raser la moustache "pour ne pas ressembler à un musulman".

Les nouveaux personnages de Sacha Baron Cohen développés dans son émission Who is America promettent donc autant de nouvelles séquences cultes, embarrassantes, et questionnant la société américaine et ses travers.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.