Attentats simultanés dans le Sinaï
Attentats simultanés dans le Sinaï © REUTERS/Amr Abdallah Dalsh / REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

C'est l'attaque la plus meurtrière perpétrée par des djihadistes dans le Sinaï égyptien. Une quinzaine de checkpoints de l'armée ont été visés simultanément. Bilan : une cinquantaine de morts et une violente riposte de l'Égypte.

Ces attaques de grande ampleur ont été revendiquées par la Province du Sinaï, la branche égyptienne de l'organisation État islamique. Cette opération spectaculaire dans le Sinaï survient deux jours après l'assassinat du procureur général d'Egypte, Hicham Barakat, lors d'un attentat à la voiture piégée contre son convoi au Caire.

L'armée égyptienne a évoqué des attaques menées par quelque 70 combattants islamistes contre cinq barrages routiers et affirmé que les militaires avaient détruit trois véhicules équipés d'armes antiaériennes. Un porte-parole militaire a déclaré que le nombre de soldats et d'assaillants tués avait augmenté, sans fournir de bilan précis. Un commissariat serait par ailleurs encerclé par des djihadistes dans la localité de Cheikh Zoueïd, proche de la frontière avec la bande de Gaza. De sources sécuritaires, on indique que les insurgés ont dissimulé des bombes autour du poste pour empêcher les policiers de quitter les lieux, ainsi que le long de la route menant à une base militaire voisine pour empêcher l'arrivée de renforts. La région est survolée par des chasseurs F-16 et des hélicoptères Apache de l'armée. Les islamistes se seraient par ailleurs emparé de deux véhicules blindés, d'armes et de munitions.

Le flou règne encore sur le nombre de victimes. Selon des sources sécuritaires, au moins 36 soldats, policiers et civils ont été tués, ainsi que 38 combattants islamistes. Un médecin de l'hôpital d'El Arich, le chef-lieu du Nord-Sinaï, a déclaré avoir reçu 30 corps, dont certains portaient des uniformes de l'armée.

Plusieurs centaines de policiers et de militaires ont été tués dans le nord du Sinaï, bastion de l'insurrection djihadiste, depuis le renversement par l'armée début juillet 2013 du président islamiste démocratiquement élu Mohamed Morsi. L' organisation État islamique a appelé ses partisans à intensifier leur attaques pendant le mois de Ramadan, bien qu'il n'ait pas spécifiquement mentionné l'Égypte comme cible. Un responsable israélien a indiqué qu'à la suite des attaques de mercredi, Israël pourrait autoriser l'Egypte à déployer des moyens militaires supplémentaires dans le nord du Sinaï, largement démilitarisé depuis le traité de paix signé en 1979 à Camp David.

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