Vladimir Poutine et Barack Obama ont approuvé le principe de discussions tactiques entre leurs deux armées
Vladimir Poutine et Barack Obama ont approuvé le principe de discussions tactiques entre leurs deux armées © Reuters

Vladimir Poutine prône une coalition élargie contre les "terroristes" et la collaboration avec Bachar al-Assad. Barack Obama, lui, réclame son départ mais se dit prêt à coopérer avec Moscou et Téhéran.

C’était leur premier entretien bilatéral en plus de deux ans : il s’est achevé sur fond de divergences. Lundi soir au siège de l’ONU à New-York, après la 70e assemblée générale des Nations Unies, Vladimir Poutine et Barack Obama ont convenu de chercher une solution politique en Syrie, tout en ne parvenant pas à s’accorder sur le sort de Bachar al Assad, dont Washington réclame le départ à plus ou moins brève échéance.

Discussions tactiques

Lors d’un entretien d’une heure et demie, Vladimir Poutine et Barack Obama ont approuvé le principe de discussions tactiques entre leurs deux armées pour éviter tout incident lors d'éventuelles opérations dans le pays du Proche-Orient, où la Russie renforce sa présence militaire depuis plusieurs semaines.

A New-York, la correspondance de Charlotte Alix

Poutine exclut l’envoi de troupes russes au sol

Au terme de l'entretien, le président russe a déclaré à la presse que la Russie examinait les moyens de soutenir davantage le gouvernement syrien et les forces kurdes contre l'organisation Etat islamique. "Nous réfléchissons à ce que nous pourrions faire de plus pour soutenir ceux qui résistent et combattent sur le champ de bataille contre les terroristes, à commencer par l'Etat islamique", a-t-il défendu, tout en excluant l'envoi de troupes russes au sol. "Il existe une opportunité d'oeuvrer ensemble au règlement des problèmes", a estimé le chef du Kremlin.

"Refuser de coopérer avec le gouvernemnt syrien est une énorme erreur : ils sont les seuls à vraiment combattre les organisations terroristes en Syrie" a ainsi déclaré, Vladimir Poutine :

Un haut responsable américain s'exprimant sous le sceau de l'anonymat a déclaré quant à lui que "les Russes comprenaient très bien l'importance d'une solution politique au conflit et d'un processus de recherche de cette solution".

Il ne peut y avoir de pardon pour l’alliance du terrorisme et de la dictature en Syrie. On ne peut faire travailler ensemble la victime et le bourreau

Barack Obama a quant à lui indiqué que les Etats-Unis étaient "prêts à travailler avec toutes les nations, y compris la Russie et l'Iran", les deux principaux alliés de Damas, pour résoudre le conflit, tout en réaffirmant que toute solution passait par le départ d'Assad, qu'il a qualifié de "tyran", une position également défendue par François Hollande. Lequel a souligné que cette "transition" passait "nécessairement par le départ de Bachar al Assad" puisque "rien n'a changé".

" Il ne peut y avoir de pardon pour l’alliance du terrorisme et de la dictature en Syrie. On ne peut faire travailler ensemble la victime et le bourreau", a défendu François Hollande :

Les Russes pourraient participer à des opérations mandatées par l’ONU

Le président russe a rétorqué en sortant de son entretien avec Obama que c'était au peuple syrien de décider du sort du président syrien, et non à Barack Obama ni à François Hollande. Vladimir Poutine a ajouté que la Russie n'excluait pas de participer avec les Occidentaux à des opérations militaires contre l’organisation Etat islamique mandatées par les Nations unies.

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