Crimée : la France vivement préoccupée, selon Fabius
Crimée : la France vivement préoccupée, selon Fabius © MaxPPP / Maxim Shipenkov

Le parlement russe a approuvé samedi le déploiement de forces armées dans la région ukrainienne de Crimée, en réponse à une demande du président Poutine. L'Ukraine a annoncé dans la foulée avoir placé ses troupes armées en état d'alerte complète de combat.

A Moscou, les élus ont voté à une très large majorité la décision qui a pris effet immédiatement, de recourir aux "forces armées de la Fédération de Russie sur le territoire de l'Ukraine jusqu'à la normalisation de la situation socio-politique dans ce pays".

Kiev a accusé Moscou d'avoir déjà envoyé 6.000 militaires en Crimée, région où l'ethnie russe est majoritaire, et le gouvernement a placé des vaisseaux de la garde-côtes en état d'alerte, afin d'empêcher la capture de bases militaires et de bâtiments de la marine.

Vladimir Poutine n'a pas attendu l'aval du parlement pour déployer ses troupes, explique Eric Biégala, l'un des envoyés spéciaux de France Inter en Crimée.

De son coté l'Ukraine a annoncé samedi soir avoir placé ses troupes armées en état d'alerte complète de combat et a précisé qu'une intervention de la Russie sur son territoire conduirait à la guerre.

Le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourtchinov, a affirmé ne voir aucune justification à ce qu'il qualifie d'agression russe contre son pays. S'exprimant aux côtés du chef de l'Etat, le Premier ministre Arseni Iatseniouk a indiqué qu'il avait demandé un retour dans leur caserne des troupes russes lors d'un entretien téléphonique avec son homologue Dmitri Medvedev. "Une intervention militaire marquerait le début de la guerre et la fin des relations entre l'Ukraine et la Russie", a dit Iatseniouk.

Le nouveau gouvernement ukrainien craint le pire. Les précisions à Kiev de Ruddy Guilmin dans le journal de 19h de Philippe Abiteboul.

La France demande de "respecter l'intégrité territoriale du pays"

L'ensemble de la communauté internationale a les yeux tournés vers la Crimée. François Hollande a réagi samedi soir dans un communiqué, évoquant des "menaces réelles sur l'intégrité territoriale et la souveraineté" de l'Ukraine :

Tout doit être fait pour éviter une intervention extérieure.

Même inquiétude pour le premier ministre Jean-Marc Ayrault. Selon lui, il y a "une exigence qu'il faut absolument respecter : c'est l'intégrité territoriale du pays".

Conversation téléphonique Obama - Poutine samedi soir

Les Etats-Unis condamnent l'intervention militaire russe sur le territoire ukrainien

Les Présidents américain et russe ont eu samedi soir une conversation téléphonique de 90 minutes. Barack Obama a déclaré à Vladimir Poutine que la Russie avait commis une "violation flagrante de la souveraineté de l'Ukraine" en envoyant des forces en Crimée et l'a mis en garde contre les conséquences de cet acte. La Maison blanche a ajouté que les Etats-Unis suspendront leur participation aux réunions préparatoires du G8 de Sotchi.

La Russie se donne le droit de "protéger ses intérêts et les populations russophones" en cas de "violences" dans l'Est de l'Ukraine et en Crimée, a déclaré le président russe à son homologue américain, selon un communiqué du Kremlin. Vladimir Poutine a évoqué "la vraie menace pesant sur les vies et la santé des citoyens russes sur le territoire d'Ukraine", ainsi que "les actions criminelles des ultranationalistes soutenus par les actuelles autorités à Kiev".

Barack Obama s'est également entretenu avec François Hollande et le Premier ministre canadien Stephen Harper, alors que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon appelait Vladimir Poutine pour lui demander "d'entamer d'urgence un dialogue direct avec les autorités de Kiev".

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) tiendront lundi une réunion d'urgence à Bruxelles afin d'évoquer la situation en Ukraine, a annoncé samedi un diplomate européen.

Manifestations pro-russes dans l'Est

Des militants favorables à la Russie ont affronté samedi des partisans des nouvelles autorités ukrainiennes à Kharkiv, grande ville de l'Est du pays, et des manifestations ont eu lieu dans d'autres localités à la population en partie russophone.

manifestations pro-russes dans l’est de l’ukraine
manifestations pro-russes dans l’est de l’ukraine © reuters

Selon l'agence UNIAN, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées devant le siège du gouvernement régional à Kharkiv, afin de protester contre la destitution la semaine dernière du président Viktor Ianoukovitch, et des dizaines de gens ont été blessés.

Certains manifestants sont parvenus à entrer dans le bâtiment et à lever le drapeau russe. De même, à Donetsk, fiefélectoral de Viktor Ianoukovitch, le drapeau blanc, bleu et rouge a été dressé.

"Russie ! Russie !", ont crié des manifestants, alors que les autorités de Donetsk se sont prononcés en faveur d'un référendum sur le statut de la région. D'autres manifestations ont eu lieu à Odessa et Dnipro, également dans l'Est.

La Russie agite la Crimée
La Russie agite la Crimée © Idé
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