Un F-16 turc
Un F-16 turc © Reuters / Murad Sezer

Deux incidents aériens, survenus ce week-end, sont venus renforcer la tension entre les deux puissances. Ankara somme Moscou ne plus violer son espace aérien.

Une semaine après le début de l’offensive russe en Syrie, la Turquie annonce ce lundi que des F-16 ont dû intercepter samedi, dans l’espace aérien turc (au sud de la province d’Antioche), un avion chasseur russe qui a finalement rebroussé chemin.

Au lendemain de cet incident, ce dimanche, deux chasseurs turcs ont par ailleurs été « harcelés » selon les termes de l’armée turque, par un avion MIG-29 non identifié, toujours au sein de l’espace aérien turc, lors d’une mission de patrouille du côté de la frontière syrienne.

L’ambassadeur de Russie en Turquie convoqué

Au ministère des Affaires Etrangères, à Ankara, les autorités turques ont fait part à l’ambassadeur russe de leur "vive protestation ", et demandé que l’incident ne se reproduise pas, sans quoi Moscou serait jugé "responsable des conséquences indésirables que cela pourrait entraîner ".

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a prévenu que son pays "activerait ses règles d'engagement " si son espace aérien était violé. Tout en ajoutant que "le dossier syrien ne constitue pas une crise entre la Turquie et la Russie " qui ont d'importants intérêts commerciaux.

Pluie de critiques internationales

Le secrétaire général de l’OTAN, dont la Turquie fait partie, a reçu à Bruxelles le chef de la diplomatie turque Feridun Sinirlioglu. Jens Stoltenberg a qualifié d'"inacceptables " les "violations de l'espace aérien turc par des avions de combat russes ". Selon lui, "les actions de la Russie " en Syrie "ne contribuent pas à la sécurité et à la stabilité de la région ". Dans une déclaration officielle, l’OTAN juge ces incursions "extrêmement dangereuses ".

L'analyse de notre correspondant à Bruxelles, Quentin Dickinson.

Les Etats-Unis ont aussi largement critiqué ces violations de l’espace aérien turc. Le secrétaire d’Etat John Kerry estime que les avions de combats russes incriminés auraient pu être abattus en représailles. Un peu plus tôt dans la journée, un haut responsable de défense américain a jugé que cette violation n’était pas accidentelle.

La Turquie et la Russie ont deux visions opposées de la gestion du conflit syrien. Ankara soutient les rebelles et veut le départ de Bachar Al Assad. Le Kremlin appuie le régime présidentiel.

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