L'édition 2018 du Giro, tour d'Italie à vélo, démarre ce vendredi de Jérusalem. Le choix apparaît décalé, dans un pays, Israël, qui n'est pourtant pas (encore) une grande terre de cyclisme. Pourtant, la décision des organisateurs relève de bonnes raisons, à la fois historiques et diplomatiques.

Les trois premières étapes du Giro 2018 se déroulent en Israël
Les trois premières étapes du Giro 2018 se déroulent en Israël © AFP / Thomas Coex

Le Giro 2018 doit s'ouvrir, ce vendredi, par un contre la montre de 9,7 km dans les rues de Jérusalem, première des trois étapes israéliennes, par lesquelles démarre le tour italien. Viendront ensuite, samedi 5 mai, l'étape Haifa-Tel Aviv (167 km), puis celle de Be’er Sheva-Eilat, (229 km), avant un retour sur la péninsule italienne.

Hommage au coureur Gino Bartali

Les organisateurs justifient ce choix de départ "hors les murs" par un hommage appuyé au coureur Gino Bartali, disparu en 2000 : ce champion cycliste italien, vainqueur de deux tours de France et de trois tours d'Italie dans les années 30 et 40, a été reconnu, en 2013, comme Juste parmi les nations, pour avoir participé au sauvetage de plusieurs centaines de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a, pour les mêmes raisons, été fait citoyen d'honneur de la ville de Jérusalem, et a obtenu, à titre posthume, la citoyenneté israélienne.

Coup de pouce au cyclisme israélien

Le manager général de l'Israel Cycling Academy, Ran Margaliot, lui-même coureur qui n'a jamais réussi à s'installer comme professionnel, gère désormais l'équipe nationale de cyclisme d'Israël avec de grandes ambitions. Créée en 2015, elle a, grâce à une montée récente en Continental Pro et une présence accrue dans plusieurs courses en Italie, en Espagne ou en Azerbaïdjan, fait ses premiers pas dans une nouvelle course du World Tour, après être déjà passée par le Québec et Montréal. Symbole supplémentaire : Tel Aviv vient d'inaugurer son vélodrome, le premier en salle du Moyen-Orient.

Le Giro 2018 est cette fois le plus gros événement sportif organisé par les Israëliens, au moment où le pays célèbre les 70 ans de son indépendance : 

►ÉCOUTER | Le reportage d'Etienne Monin, correspondant de Radio France dans la ville sainte :"Le Giro est une célébration d'Israël, qui montre aussi que le pays reste divisé"

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►ÉCOUTER | Le reportage d'Etienne Monin, correspondant de Radio France dans la ville sainte :"Le Giro est une célébration d'Israël, qui montre aussi que le pays reste divisé"

Par Etienne Monin

Israël, terre promise du vélo urbain?

Comme dans d'autres grandes capitales, et malgré quelques sévères dénivelés, les rues de Jérusalem se remplissent peu à peu de vélos, avec un penchant assumé pour les VAE (vélos à assistance électrique), dont on estime qu'ils se sont vendus à près de 200 000 ces dernières années. 

Pour autant, le vélo en mode de circulation urbain est aussi un sujet, parmi d'autres, de polémique entre les autorités de la ville et les religieux ultra-orthodoxes de Jérusalem, puisque l'arrivée de système de vélos en libre-service a été rejetée en bloc : la location impliquait d'activer le système à l'aide de son smartphone et de sa carte bancaire, en tapant son code, 7 jours sur 7. Un système impossible à mettre en veille pendant le shabbat (période pendant laquelle le juif pratiquant ne doit pas utiliser d'appareil électronique), ce qui a justement provoqué la colère des ultra-orthodoxes… et l'incompréhension des citoyens les plus progressistes, alors que Tel Aviv, deuxième ville d'Israël, est dotée, elle, de vélos en libre-service depuis 2011.

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