affrontements entre salafistes et police en tunisie
affrontements entre salafistes et police en tunisie © reuters

François Hollande est en visite aujourd'hui en Tunisie, le premier pays du printemps arabe. Mais depuis la chute de Mohamed Morsi, c'est vers l'Egypte que se tournent les regards des révoltés tunisiens. L'opposition veut tenter de s'en inspirer.

Elle a lancé sa propre version du mouvement égyptien Tamaroud qui a mobilisé des millions d'opposants au président Mohamed Morsi issu des Frères musulmans et décidé l'armée à le destituer.

Les jeunes chefs de file méconnus de cette campagne de désobéissance dont le nom signifie "rébellion" espèrent tirer parti des évènements du Caire pour mettre en difficulté le gouvernement tunisien, emmené lui aussi par des mouvements islamistes arrivés aux affaires après la "révolution de Jasmin", premier acte du "printemps arabe", en 2011.

Comme en Egypte, ils reprochent à leurs dirigeants de vouloir instaurer un régime théocratique liberticide et d'aggraver la crise économique.

Après avoir rassemblé 200.000 signatures, soit cent fois moins que leurs homologues égyptiens, ils ont l'intention d'appeler rapidement à de grandes manifestations.

Le chef du parti islamiste Ennahda au pouvoir estime lui qu'un scénario à l'égyptienne ne sera pas possible en Tunisie. Luc Lemonnier.

"La jeunesse tunisienne marche dans les pas des jeunes Egyptiens. Nous ne sommes pas satisfaits de ce qui se passe dans le pays, qu'il s'agisse des atteintes aux libertés ou des difficultés économiques et sociales", a déclaré à la presse Mohamed Bennour, porte-parole du mouvement Tamaroud.

L'objectif, a-t-il expliqué, est d'obtenir la formation d'un nouveau gouvernement intérimaire et la dissolution de l'Assemblée constituante, qui s'apprête selon lui à ancrer la religion dans la loi fondamentale.

Jusqu'ici, le parti Ennahda majoritaire à l'Assemblée est parvenu à limiter la contestation et à apaiser les partis laïques en faisant entrer des personnalités sans étiquette dans le gouvernement formé en mars. Le mouvement a en outre renoncé à toute mention de la loi islamiste dans la nouvelle Constitution.

François Hollande est attendu ce jeudi à Tunis où le président français entend encourager le processus de démocratisation entamé dans la confusion.

Hollande en Tunisie
Hollande en Tunisie © Radio France
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