Erdogan
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**Les Turcs sont appelés aux urnes ce dimanche pour des élections législatives qui pourraient redessiner le paysage politique et décider du projet de présidentialisation du régime voulu par Recep Tayyip Erdogan.** Le président turc reste populaire, mais pour la première depuis son arrivée au pouvoir, en 2002, le Parti pour la justice et le développement (AKP) qu'il a fondé se présente face aux électeurs avec un bilan économique contesté. **Ralentissement de la croissance, hausse du chômage** et progression de l'endettement des particuliers ont donné un nouvel angle d'attaque à l'opposition, qui dénonce par ailleurs une dérive autoritaire du gouvernement.
### Plus de majorité absolue pour l'AKP? Selon les sondages, l’AKP ne semble pas en mesure d'atteindre la majorité des deux tiers (au moins 367 des 550 élus du Parlement). Or cette majorité , le chef de l'Etat y tient car elle lui permettrait d'instaurer le régime présidentiel pour lequel il milite ardemment sans en passer par un référendum. Pire, quelques sièges pourraient manquer à la formation islamo-conservatrice pour garder sa majorité absolue, ce qui la contraindrait à former une coalition. Ainsi,**fin mai, l'AKP était** **crédité de 41% des intentions de vote, soit 8 points de moins** **qu'aux précédentes législatives,** en 2011. ### Quel score pour le Parti démocratique des peuples (HDP) ? La force émergente qui fragilise l’AKP, c’est le parti démocratique des peuples **(HDP), un mouvement pro-kurde** qui s'est prononcé contre l'instauration d'un régime présidentiel. La formation de**Selahattin Demirtas** , qui se présente pour la première fois à des élections législatives,[ pourrait créer la surprise](http://geopolis.francetvinfo.fr/turquie-hdp-le-syriza-turc-pourrait-creer-la-surprise-aux-legislatives-63595) et franchir le seuil de 10% des voix nécessaire pour entrer au Parlement.
Selahattin Demirtas, leader du parti HDP
Selahattin Demirtas, leader du parti HDP © MaxPPP / ULAS YUNUS TOSUN
Le chef de l'Etat, qui vient de reprendre en main l'appareil judiciaire, la police et la presse, n'est toutefois pas homme à laisser le pouvoir lui échapper. Au cours des deux dernières années, où il s'est notamment illustré en o[rdonnant le blocage de twitter](http://www.franceinter.fr/depeche-leffet-recep-tayyip-erdogan), Erdogan a **su résister à un vaste mouvement de** **protestation** et à un scandale de corruption qui seraient venus à bout de beaucoup d'autres. Malgré le mécontentement d'une partie de l'opinion, [il a été élu en août avec 52% des voix.](http://www.franceinter.fr/depeche-recep-tayyip-erdogan-president-jusquen-2023) Pourtant, au sein de son propre parti, des voix commencent toutefois à s'élever contre son omniprésence au sein d'un exécutif dont les rênes devraient être tenues par le Premier ministre. Le scrutin de dimanche pourrait donc sceller l’échec du projet de présidentialisation voulu par Erdogan.
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