Donald Trump est aux affaires depuis 100 jours, l'occasion de dresser un premier bilan de sa politique étrangère, faite de coups d'éclats et d'initiatives peu diplomatiques.

Les 100 premiers jours de Trump : beaucoup de golf, de décisions drastiques, aucun voyage à l'étranger
Les 100 premiers jours de Trump : beaucoup de golf, de décisions drastiques, aucun voyage à l'étranger © Reuters / Carlos Barria

Tout a commencé avec un coup de fil avec Taïwan, rompant avec la tradition de non-ingérence des Etats-Unis dans les relations entre la Chine et Taïwan. Puis Trump a rompu les relations des Etats-Unis avec le Mexique. Il continue en comparant ses muscles avec ceux de Vladimir Poutine, lance 59 Tomahawks sur la Syrie, ordonne un important raid en Afghanistan, et menace presque chaque jour la Corée du Nord. Tout cela en 100 jours.

Il veut construire un mur avec le Mexique, et n'en démord pas

C'est la promesse la plus emblématique de sa campagne. Donald Trump veut faire construire un mur à la frontière mexicaine. Le président américain s'est attiré les foudres de son homologue mexicain Enrique Pena Nieto et les relations entre les deux voisins sont au plus bas, notamment après le discours de Trump sur les mexicains "violeurs et criminels" qui passent la frontière.

"Je ferai payer le Mexique pour ce mur" avait-il annoncé dès juin 2015.

Il fait monter la tension avec la Corée du Nord

Alors que Trump dînait avec le premier ministre japonais dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, la Corée du Nord a testé un missile balistique. Les États-Unis de Trump ont affirmé de leur coté vouloir en finir avec cette "menace pour le monde. Il est temps de régler le problème". Depuis, la Corée du Nord a entamé des manœuvres d’artillerie de grande ampleur. Des bâtiments de guerre américains effectuent de leur coté des "exercices" avec la marine sud-coréenne de l’autre côté de la péninsule, en Mer Jaune. Et un sous-marin américain, l’USS Michigan, a fait escale lundi dans le port sud-coréen de Busan.

Vendredi, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a affirmé devant la Conseil de sécurité de l'ONU que "la menace d'une attaque nucléaire nord-coréenne sur Séoul ou Tokyo est réelle et c'est probablement une question de temps avant que la Corée du Nord développe la capacité de frapper le territoire des Etats-Unis".

La Corée du Nord s'est dite prête "à répondre à une guerre totale par une guerre totale" et "à toute attaque nucléaire par une attaque nucléaire de (sa) façon".

Il envoie une méga bombe en Afghanistan

L’armée américaine a largué en avril sur une base souterraine du groupe Etat islamique sa munition la plus massive, destinée à rappeler sa force de frappe. C'est la première fois qu'une telle bombe est envoyée sur une zone de conflit.

Il ordonne une intervention-éclair en Syrie

Le 6 avril, les Etats-Unis sont passés à l’attaque contre le régime de Bachar Al-Assad, avec les frappes militaires contre une base de l’armée syrienne située près de Homs. Le bombardement à l’arme chimique d’un village tenu par les rebelles syriens, Khan Cheikhoun, deux jours avant, imputé au régime syrien, aurait fait basculer la nouvelle administration. Selon les Etats-Unis, les avions impliqués dans l’attaque de mardi étaient partis de la base ciblée par cinquante-neuf missiles Tomahawk.

Il fait un numéro d'équilibriste avec la Russie

Cette intervention en Syrie a plombé les relations des Etats-Unis avec la Russie. Pourtant Trump a prôné tout au long de sa campagne et au début de sa présidence un rapprochement avec Vladimir Poutine. Mais "à l'heure actuelle, nous ne nous entendons pas du tout avec la Russie", a reconnu Donald Trump, parlant d'une "relation peut-être au plus bas niveau depuis toujours". Rex Tillerson a rencontré le ministre des affaires étrangères russe Sergei Lavrov mi-avril dans une ambiance glaciale.

Pourtant, Trump est soupçonné d'avoir largement bénéficié du soutien de la Russie pendant sa campagne, et plusieurs de ses conseillers ont eu des liens étroits avec Moscou par le passé.

Il remet en cause tous les accords de libre échange

Dès son arrivée à la Maison blanche, Donald Trump a décidé de sortir les Etats-Unis de l'accord transpacifique signé l'an dernier par douze pays (États-Unis, Canada, Mexique, Chili, Pérou, Japon, Malaisie, Vietnam, Singapour, Brunei, Australie et Nouvelle-Zélande). Il accuse également l'Aléna, accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique d'avoir fait perdre des centaines de milliers d'emplois manufacturiers américains au profit du Mexique. Il veut renégocier cet accord. Enfin, le Tafta, entre les Etats-Unis et l'Europe, est en suspens car il ne troupe pas grâce à ses yeux.

Trump : 100 jours et 959 tweets
Trump : 100 jours et 959 tweets © AFP
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