Après les accusations de deux femmes, l'attitude de l'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, envers les femmes est pointée du doigt. Joe Biden évoque des "marques d'affection" mais dément tout acte inapproprié.

Lucy Flores et Joe Biden en campagne dans le Nevada en 2014
Lucy Flores et Joe Biden en campagne dans le Nevada en 2014 © Getty / Ethan Miller

Joe Biden ne s'est pas encore officiellement déclaré pour les primaires démocrates. Il devrait le faire très bientôt. C'est pourtant lui le favori qui caracole en tête des sondages avec environ 30% d'intentions de vote contre 2 à 16% pour les 17 candidats officiellement déclarés ! 

Or,  les accusations dont il est l'objet, pourraient mettre à mal sa candidature.  

Principale accusatrice : une élue du Nevada

Lucy Flores, ex-membre du Congrès du Nevada, accuse Joe Biden de l'avoir embrassée et touchée de manière déplacée en 2014. 

Lucy Flores est apparue sur CNN vendredi 29 mars pour témoigner de l'attitude de Biden à son égard : 

Nous étions en meeting de campagne dans le Nevada. Même Eva Longoria était là. Joe Biden était derrière moi. Subitement, venant de nulle part, il a posé ses mains sur mes épaules, a reniflé mes cheveux puis m'a embrassée sur la tête.

Lucy Flores dit ne pas avoir su comment réagir sur le moment, et avoir tenté de faire bonne figure. 

Je ne savais pas à qui en parler. Puis j'ai vécu ma vie, j'ai continué mon chemin (...). Si je décide de parler aujourd'hui, c'est parce que ces gestes ne sont pas assez pris au sérieux. 

Selon elle, "ce n'est pas la première fois que l'ex-vice-président agit de manière déplacée avec des femmes".  

Dans une deuxième interview sur CNN dimanche, elle dit avoir du mal à croire que personne dans l'équipe de campagne n'ait dit à Biden d'arrêter ce type de comportement avec les femmes en général. 

Elle estime qu'une telle attitude "doit le disqualifier dans la course à l'investiture démocrate".

L'équipe de Biden en communication de crise

Depuis la première interview de Lucy Flores vendredi, le staff de Joe Biden a publié deux communiqués de démentis. Le premier

Finalement, dans son deuxième communiqué, Joe Biden reconnait qu'il a montré des “signes d'affection” à plusieurs personnes pendant les années où il était en campagne électorale. Mais il rajoute : 

Je n'ai jamais agi de manière inappropriée, affirme Joe Biden

Sanders soutient Lucy Flores

Un autre candidat à l'investiture démocrate pour 2020  a aussitôt réagi à cette affaire. Il s'agit de Bernie Sanders, qui avait d'ailleurs été soutenu par Lucy Flores lors de la précédente course à l'investiture démocrate en 2014 pour la présidentielle de 2016. Bernie Sanders a déclaré sur CBS dimanche : 

Je n'ai aucune raison de ne pas croire Lucy (...) C'est à Joe Biden maintenant de décider de ce qu'il doit faire. Mais je ne ne suis pas sûr qu'un incident isolé puisse à lui seul disqualifier quelqu'un. 

Une deuxième femme accuse Biden

Ce lundi, une autre femme affirme que Biden a attrapé son visage avec les deux mains et a frotté son nez contre le sien. La scène se serait déroulée en 2009. 

Amy Lappos, 43 ans, ancienne assistante de l'élu démocrate du Connecticut Jim Hines, affirme que les faits se sont déroulés  et qu'elle a même eu peur qu'il l'embrasse sur la bouche. L'incident l'a faite se sentir "bizarre et gênée. Il a dépassé les bornes". 

Une photo avec une autre femme devient virale 

Depuis les accusations de Lucy Flores, une photo de Biden avec une autre femme est apparue sur les réseaux sociaux. Cette autre femme n'est autre que Stephanie Carter, l'épouse de l'ancien secrétaire à la Défense d'Obama Ash Carter. 

Stephanie Carter a immédiatement réagi en défendant Joe Biden. Elle affirme que cette photo vieille de quatre ans, a été mal interprétée : 

L'homme sur la photo n'est rien d'autre qu'un ami qui console quelqu'un après une dure journée, et je lui en serai toujours  reconnaissante, a écrit Stephanie Carter dans un long communiqué.

Un porte parole de Biden a affirmé que ces photos étaient propagées par des "trolls d'extrême droite". 

L'affaire Anita Hill ressort

L'attitude de Biden envers les femmes fait maintenant l'objet de débats sur les plateaux télé. Et c'est là que l'affaire Anita Hill ressort. Hill est professeur de droit. En 1991, alors que le juge Clarence Thomas est candidat à la Cour Suprême, elle l'accuse de l'avoir harcelée sexuellement pendant des mois lorsqu'elle était sa collègue de travail. Elle est amenée à témoigner devant le Sénat. L'audition est fortement médiatisée. Mais les sénateurs la malmènent. Finalement, Clarence Thomas obtient le poste à la Cour Suprême. la carrière d'Anita Hill est terminée. Or, Joe Biden, alors sénateur, dirige l'audition. 

"Nous en savions beaucoup moins sur le harcèlement sexuel à l'époque. Anita Hill en a payé le prix. On a profité d'elle. Je regrette de ne pas lui avoir permis d'avoir l'audition qu'elle méritait. Sa réputation en a pâti. J'aurais aimé faire quelque chose pour elle". 

Joe Biden est aujourd'hui la cible de nombreuses féministes qui lui reprochent ces propos empreints de contrition alors qu'à l'époque, et même depuis toutes ces années, il n'a exprimé aucun remord sur le sujet. 

Lucy Flores a même déclaré sur CNN vendredi lors de son interview où elle accuse Biden de gestes déplacés : 

"Mon cas n'est pas le seul problème. La manière dont Biden a géré l'audience d'Anita Hill, plus sa position passée contre l'avortement, devraient le disqualifier". 

Il y a cette idée qu'en tant que personnes loyales envers le parti, nous devrions nous taire (...). Or, nous avons d'autres options pour battre Trump, et c'est pour cela que je me sens plus libre de m'exprimer, a réagi Lucy Flores. 

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