[scald=96505:sdl_editor_representation]par Lin Noueihed et John Irish

TUNIS (Reuters) - Pays occidentaux et membres de la Ligue arabe se sont retrouvés vendredi à Tunis pour une conférence des "Amis de la Syrie" qui va demander aux autorités syriennes un accès humanitaire immédiat à plusieurs villes et zones assiégées.

Les ministres des Affaires étrangères d'une cinquantaine de pays participent dans la capitale tunisienne à cette première réunion internationale visant à trouver une solution à la violente crise syrienne qui dure depuis près d'un an.

Dans un projet de communiqué final vu par Reuters, les participants à la réunion demandent de pouvoir accéder aux villes de Homs, Deraa, Zabadani et aux "autres zones assiégées" et appellent à "un arrêt immédiat de toute violence".

Ils promettent en outre la fourniture dans un délai de 48 heures de l'assistance humanitaire nécessaire si la Syrie "cesse ses assauts contre les civils et autorise un accès".

L'émissaire de l'Onu pour les questions humanitaires, Valérie Amos, doit participer à cette rencontre ainsi que les représentants du Comité international de la Croix-Rouge.

Le CICR a indiqué à Genève ne pas avoir reçu de réponse à sa demande de trêve adressée aux autorités syriennes pour permettre l'acheminement d'une aide et l'évacuation des blessés.

"Nous sommes de plus en plus inquiets concernant les besoins humanitaires qui s'accroissent d'heure en heure", a dit Hicham Hassan, porte-parole de l'institution.

De son côté, l'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, nommé émissaire conjoint de l'Onu et la Ligue arabe pour la Syrie, a lancé un appel en faveur d'une solution pacifique.

Les "Amis de la Syrie" s'engagent également à appliquer les sanctions destinées à faire pression sur le gouvernement de Bachar al Assad pour arrêter les violences.

Ces sanctions concernent une cessation des investissements dans les infrastructures, un arrêt des services financiers avec la Syrie, une réduction des relations diplomatiques et visent à empêcher l'acheminent d'armes au gouvernement syrien.

COORDONNER L'OPPOSITION

Le projet de communiqué ne fait toutefois pas mention d'une intervention militaire étrangère qui aurait rappelé la stratégie employée par l'Otan en Libye il y a un an.

Le projet ne reconnaît pas non plus le Conseil national syrien (CNS) comme le seul représentant légitime du peuple syrien mais comme "un représentant légitime des Syriens cherchant un changement démocratique pacifique".

Le groupe se dit prêt à "renforcer son engagement" auprès de l'opposition syrienne tout en prônant la création d'un mécanisme capable de coordonner l'action des différentes factions.

Il réclame l'établissement d'une série de principes qui pourraient servir de bases à un futur gouvernement syrien.

L'absence de cohésion au sein de l'opposition syrienne et la crainte de voir le pays plonger dans la guerre civile ont incité les plus farouches adversaires de Bachar al Assad à ne pas céder à la tentation d'armer les rebelles.

Le soutien étranger pourrait prendre la forme de fourniture de matériel technique et logistique comme des téléphones satellitaires ou des équipements capables d'améliorer la coordination.

Signe de la pression croissante exercée sur Damas, la Turquie a annoncé qu'elle accueillerait la prochaine conférence des "Amis de la Syrie".

Sur le terrain, l'armée syrienne n'a pas relâché la pression qu'elle exerce sur la ville de Homs. Des tirs d'artillerie visant le quartier de Bab Amro ont fait cinq morts vendredi, selon des militants.

Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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