l'iran et le hezbollah sommés de ne plus intervenir en syrie
l'iran et le hezbollah sommés de ne plus intervenir en syrie © reuters

Réunis au Qatar, les "Amis du peuple syrien" ont pris plusieurs mesures pour aider les opposants à Bachar al Assad. Ils demandent notamment aux combattants d'Iran, d'Irak et du Hezbollah de quitter le pays et annoncent avoir pris des "décisions secrètes".

Assiste-t-on à un tournant, au Qatar, dans la lutte qui oppose le président syrien aux rebelles ? Le Premier ministre qatarien affirme en tout cas que les pays réunis (Etats-Unis, France, Allemagne, Egypte, Italie, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite, Turquie, Emirats arabes unis et Royaume-Uni) ont "pris des décisions spéciales et tenues secrètes sur la manière d'agir pour changer la situation sur le terrain".

Mais aussi d'autres décisions plus claires, rassemblées dans la résolution finale. D'abord, les pays "exigent" que l'Iran, l'Irak et le Hezbollah libanais "cessent d'intervenir dans le conflit". Ils promettent également l'envoi "urgent" d'aide à la rébellion. Cela comprend notamment l'envoi par la France de traitements anti gaz sarin. "Des traitements qui peuvent protéger un millier de personnes", selon le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. "Ça en dit long sur les ravages que fait courir Bachar al-Assad à sa population".

Écoutez le ministre des Affaires Étrangères.

Et pour l'aide militaire ?

Les soutiens des rebelles promettent également "de fournir dans l'urgence tout le matériel et l'équipement nécessaire à l'opposition sur le terrain". Toute l'aide militaire sera livrée au Conseil militaire suprême de l'Armée syrienne libre (ASL), comme le souhaitait Washington, et ce pour éviter l'émergence de groupes djihadistes.

Jusqu'à présent, les Etats-Unis ne fournissaient aux rebelles qu'une aide non létale, sous forme de vivres et de médicaments, mais le gouvernement a revu sa position à la suite de la prise le 5 juin de la ville stratégique de Koussaïr par les forces gouvernementales, de l'implication de plus en plus grande du Hezbollah libanais aux côtés de Bachar al Assad et des annonces de la France et du Royaume-Uni concernant le recours aux armes chimiques par l'armée loyaliste.

La semaine dernière, Washington a annoncé être parvenu à la conclusion que les forces de Bachar al Assad avaient utilisé des armes chimiques, et a décidé de fournir une "assistance militaire directe" aux insurgés.

L'Arabie saoudite, à la pointe de l'aide aux opposants du régime bassiste, a quant à elle accru ses livraisons d'armes sophistiquées, selon deux hauts fonctionnaires du Golfe interrogés par Reuters.

"Au cours de la semaine écoulée, davantage de ces armes sont arrivées. Ils en obtiennent plus fréquemment", a dit l'un deux sans plus de précisions. L'autre a parlé de livraisons "potentiellement décisives".

Les rebelles réclament des armes antichars et anti-aériennes. Pour le cheikh Hamad ben Djassim al-Thani, chef du gouvernement et de la diplomatie qatarie, "la force est nécessaire pour obtenir la justice. Et la fourniture d'armes est le seul moyen d'obtenir la paix dans le cas syrien".

"Nous ne pouvons attendre du fait des divergences entre membres du Conseil de sécurité sur les moyens de régler le problème", a-t-il poursuivi, invitant par ailleurs le gouvernement libanais à faire le nécessaire pour limiter l'implication des miliciens chiites du Hezbollah.

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