Greek Finance Minister Yanis Varoufakis
Greek Finance Minister Yanis Varoufakis © Reuters

Les ministres des Finances de la zone Euro n’ont pu que constater vendredi l’échec de quatre mois de négociations avec la Grèce. Alexis Tsipras a annoncé une fermeture exceptionnelle des banques lundi, tout en appelant les Grecs à ne pas paniquer.

"Les dépôts des citoyens dans les banques grecques sont absolument garantis" : la promesse, lancée dimanche soir par le Premier ministre grec, n'est pas forcément faite pour rassurer le peuple grec. Car en parallèle, il annonce également"des mesures de fermeture des banques et de limitation des retraits bancaires" pour éviter toute ruée vers les guichets automatiques, qui affichaient déjà de longues files d'attente ce week-end. En cause, la BCE, qui n'a pas augmenté les liquidités des banques grecques.

La Grèce à nouveau dans une impasse européenne

Les propositions d’argent frais contre réformes négociées depuis quatre mois ne sont désormais plus sur la table : les (autres) Européens ont estimé que la Grèce avait mis fin aux pourparlers en choisissant de tenir un référendum, le 5 juillet, pour dire si oui ou non le pays devait accepter les conditions des créanciers. Un vote dont l'issue est presque certainer, Alexis Tsipras ayant lui-même pris parti pour le "non".

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Même si le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis se dit prêt à se remettre à la table des négociations et même si certains de ses partenaires européens le souhaitent aussi comme la France, ce serait un véritable coup de théâtre qu’elles puissent reprendre.

Le ministre grec assure toutefois que son gouvernement "est déterminé à trouver une solution avec ses partenaires".

Ça laisse la porte ouverte à des négociations dans les nuits et les jours qui viennent, pour améliorer les propositions des institutions. Dans ce cas, la recommandation du gouvernement changera : nous recommanderions alors de voter "oui".

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Yanis Varoufakis a d'ailleurs quitté Bruxelles avant la fin de la réunion, exclu par les autres participants. Il a laissé ses 18 homologues débattre entre eux de la stabilité de la monnaie unique. Tous se disent persuadés qu’aucune contagion de la crise grecque ne touchera ni les États de la zone Euro ni les institutions financières.

En revanche, même s’ils ont répété à l’envi que la Grèce devrait rester dans l’Euro , rien ne semble pouvoir empêcher qu’elle se retrouve mardi en défaut de paiement face au remboursement de 1,6 milliards d’euros dûs au FMI. La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagare, assure toutefois que "les prochains jours vont être importants, et le FMI se tient prêt à apporter son assistance [à la Grèce] en cas de besoin ".

Le sort de la Grèce semble maintenant entre les mains de la Banque centrale européenne, qui va devoir décider si elle peut poursuivre son programme de soutien aux banques helléniques. Manuel Valls s'est dit confiant dimanche matin : pour lui, "la BCE ne pourra pas couper les vivres des Grecs". François Hollande a quant à lui convoqué un conseil restreint pour évoquer la crise grecque, lundi à 9h.

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