Le Brésil sera-t-il prêt dans trois mois pour les JO de Rio ?
Le Brésil sera-t-il prêt dans trois mois pour les JO de Rio ? © Reuters

À trois mois des Jeux olympiques de Rio, le Brésil est englué dans une triple crise politique, institutionnelle et économique. Le pays sera-t-il en capacité d'accueillir les 10 000 athlètes et les 500 000 spectateurs attendus ?

La question se pose alors que la cérémonie d'ouverture (le 5 août) se rapproche et que la présidente vient d’être suspendue, le temps de l’instruction de son procès en destitution. Le nouveau ministre des Sports nommé jeudi (Léonardo Picciani) a promis que ces jeux seraient un "succès absolu qui va grandir l’image du pays", mais pour le moment les Brésiliens eux n’ont pas vraiment le cœur à la fête.

Reportage de Mathilde Lemaire, envoyée spéciale de France Inter à Brasilia

Si Rio accueille l’essentiel des épreuves, Brasilia organise le tournoit de football, le sport roi ici.... Marcos, employé informatique, a cassé sa tirelire pour aller voir deux matchs de la Seleçao. Il a dépensé 200 reals, 50 euros, soit une semaine de salaire. Le reste, il le verra à la télé et il a un souhait.

Tous ces politiques déplorables, responsables de la situation (à commencer par Temer), j’espère et je pense que le jour de l’ouverture ils seront sifflés, hués...

"Avec l'argent des Jeux, on ferait mieux d'organiser des élections"

Quand on interroge Riva, vendeuse de 23 ans sur l’état d’esprit dans lequel son pays va accueillir les JO, elle répond par provocation : "quels JO ?"

Sincèrement étant donné la conjoncture (le chômage, les prix qui flambent), ça a beau être un évènement mondial, les millions de pauvres, ça ne va pas les aider ! Ça a même coûté beaucoup d’argent. Pour moi, ces jeux ne sont rien de bon pour l’économie du pays.

Riva rappelle aussi le drame qui s'est produit quelques jours auparavant : trois morts à Rio dans l’effondrement d’une piste cyclable olympique. André, chauffeur de taxi, en vient lui à se demander si c’est de bon ton de maintenir les Jeux au vu de la situation.

C’est une honte, la manière dont notre pays a sombré dans la crise... Avec l’argent des Jeux, moi je dis qu’on ferait mieux d’organiser des élections pour choisir vraiment nos représentants. C’est ça dont on a besoin : des élections générales !

À la sortie du Cojunto nacionaln grand centre commercial de Brasilia, des jeunes écoutent un guitariste de rue. Pour eux même si rien ne va, les Brésiliens ont la culture de la fête et sauront la faire le moment venu. Le 5 août.

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