Depuis plusieurs semaines, le président américain change radicalement de position sur différents dossiers internationaux, revenant sur certaines promesses de campagne.

La Chine, la Syrie, la Russie, l'Otan, autant de dossier dans lesquels Donald Trump a totalement changé de position depuis son arrivée à la Maison Blanche
La Chine, la Syrie, la Russie, l'Otan, autant de dossier dans lesquels Donald Trump a totalement changé de position depuis son arrivée à la Maison Blanche © AFP / Jim Watson

"Les Chinois ne manipulent pas leur monnaie", c'est l'une des phrases choc lancées par Donald Trump dans une interview au Wall Street Journal parue le 12 avril. Le président américain, qui pendant des mois a accusé Pékin de dévaluer sa monnaie pour favoriser ses exportations dit tout simplement l'inverse aujourd'hui. La visite de son homologue chinois à son domaine de Mar-a-Lago début avril y a probablement été pour quelque chose.

Si avant son élection, Donald Trump considérait que Pékin était le "champion" de la manipulation, aujourd'hui le président américain considère avoir "une bonne alchimie" avec le président chinois et il ne déclarera pas la Chine comme un pays manipulant sa devise comme il l'avait auparavant décrété. Donald Trump y voit même un partenaire de poids pour faire face à la "menace" de la Corée du Nord. "J'ai été très impressionné par le président Xi, il a de bonnes intentions et je le crois de bonne volonté", a déclaré Donald Trump.

Les relations se détériorent avec la Russie

Avant son arrivée au pouvoir, Donald Trump espérait que les relations avec la Russie se réchaufferaient, il avait même évoqué une alliance avec Moscou. Si aujourd'hui, Washington est convaincu que les choses vont "s'arranger" avec la Russie, leurs relations sont "à un niveau historiquement bas" a expliqué Donald Trump le 12 avril.

Les États-Unis s'inquiètent du soutien de Moscou à Bachar al-Assad. Le 6 avril, le président américain a donné l'ordre de bombarder une base aérienne syrienne, en réponse à l'attaque chimique de Khan Cheikhoun, imputée au régime de Damas et qui a fait 86 morts dont 27 enfants. Moscou qui a vivement condamné ces frappes, dénonçant "une agression contre un État souverain en violation des normes du droit international".

Intervenir en Syrie, c'est là encore un revirement dans le programme de politique étrangère de Trump. En 2013, sur Twitter, il s'adressait au président Barack Obama lui demandant de "ne pas attaquer la Syrie, il n'y a aucun avantage et rien d'extraordinaire là-bas". Il y a quelques mois, alors encore simple candidat à la présidentielle, Donald Trump prônait le non interventionnisme, disant que les États-Unis ne pouvaient être "les gendarmes du monde" et estimait qu'une intervention en Syrie provoquerait une troisième guerre mondiale avec la Russie.

L'Otan n'est plus si obsolète

15 janvier 2017, dans une interview pour les quotidiens The Times et Bild, Donald Trump qualifie l'Otan d'"obsolète", jugeant que l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord a des "problèmes" et ne s'est pas occupée du terrorisme. Mais aujourd'hui, il revient sur ces mots : "J'avais dit que l'Otan était obsolète, je ne le pense plus". Donald Trump estime désormais que l'Otan est un rempart pour la paix internationale, il évoque aussi son engagement contre le terrorisme.

Écoutez le reportage de Frédéric Carbonne, correspondant de France Inter à Washington

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