Bujumbura, après une nouvelle amnifesattion contre la décision du Président de briguer un 3e mandat
Bujumbura, après une nouvelle amnifesattion contre la décision du Président de briguer un 3e mandat © REUTERS/Goran Tomasevic

Réunis dimanche à Dar es Salam, en Tanzanie, après un mois de manifestations contre la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat à la présidentielle du 26 juin, ils demandent un report des élections et appellent à la fin des violences.

Comme espéré par l'opposition, les chefs d’État de la région appellent le président Burundais a repousser les élections. Un revers de plus pour le président Nkurunziza. Après l’Union européenne et l’Eglise catholique, qui ont retiré leurs observateurs et refusent de cautionner les élections législatives prévues vendredi prochain, la vice-présidente de la Commission électorale a fui à l’étranger avec une autre commissaire et le scrutin parait très compromis.

Les manifestants anti-troisième mandat ne faiblissent pas depuis un mois. La police a investi en force les quartiers contestataires de Bujumbura et tente chaque jour d'y empêcher tout rassemblement à coups de kalachnikov, sans parvenir à éteindre le feu de la contestation qui commence à prendre en province.

Pour l'opposition, le report des élections est serait déjà une victoire

Malgré la crise et la répression policière au Burundi, Pierre Nkurunziza est toujours soutenu par une partie des chefs d’Etat d’Afrique de l’est, explique Pasteur Mpawenato, ancien secrétaire national du CNDD FDD, le parti au pouvoir. Lui est passé du côté de l’opposition :

Il y aura des présidents qui vont demander à Nkurunziza de renoncer au troisième mandat, mais l’année prochaine, élections au Rwanda et Ouganda. Ils peuvent eux aussi solliciter un troisième mandat, et s’ils ne soutiennent pas Nkurunziza, il ne sera pas facile pour eux de se présenter à nouveau.

C'est probablement la raison d'une déclaration finale de la rencontre qu'on peut considérer comme assez "minimaliste" :

Profondément inquiet de l'impasse actuelle au Burundi, le sommet appelle à un long report des élections, pas moins d'un mois et demi [... ] et appelle toutes les parties burundaises à mettre fin aux violences.

La crise est loin d’être terminée.Frederic Bamvuginyumvira, numéro deux du parti d’opposition Frodebu. Il demande l’envoi de troupes internationales au Burundi :

A supposer que le président Nkurunziza renonce à ce troisième mandat, je crois qu’il faut avoir comme agenda le démantèlement des milices. Et puis ensuite on met en place une commission électorale nationale indépendante. Je pense qu’il faut travailler à réconcilier les burundais autour d’une vision nationale.

Cette stratégie d’apaisement pourrait prendre six mois, voire un an, avant l’organisation de nouvelles élections. Elle pose aussi une question : qui prendra les rênes du pays pendant cette période de transition ?

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