Lors d’un référendum dimanche, les colombiens ont rejeté l’accord de paix prévu avec les FARC, qui devait mettre fin à 52 ans de conflit dans le pays.

Le leader des Farc, Timochenko, fume un Cohiba en suivant les résultats du référendum colombien
Le leader des Farc, Timochenko, fume un Cohiba en suivant les résultats du référendum colombien © Reuters / Enrique de la Osa

Contre toute attente, les Colombiens ont rejeté dimanche par référendum, et de peu, la paix avec la guérilla des Farc : le "Non" s'imposait avec 50,21% devant le "Oui" à 49,78%, cinq heures après la clôture des bureaux de vote de ce scrutin crucial.

Le président Juan Manuel Santos, lui, campait sur ses positions, en faveur de cet accord de paix qui vise à mettre fin à 52 ans de conflit avec les guerilleros : pour lui, le cessez-le-feu bilatéral et définitif, observé depuis le 29 août, "reste valide et restera en vigueur".

L'accord visait à ce que les Farc, nées en 1964 d'une insurrection paysanne et qui comptent encore 5.765 combattants, se convertissent en parti politique après avoir remis leurs armes à l'ONU, qui a déjà vérifié la destruction samedi de 620 kg d'explosifs.

Plus ancienne confrontation armée de l’hémisphère Nord

Il s'agissait de mettre fin à la plus ancienne confrontation armée de l'hémisphère nord qui, au fil des décennies, a impliqué guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite et forces de l'ordre, faisant plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

Le référendum, non obligatoire, avait été voulu par le président Santos afin de donner la "plus large légitimité" possible à l'accord qu'il a signé le 26 septembre avec le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre Timoleon Jiménez ou Timochenko.

De son côté, Timochenko a déploré depuis La Havane "que le pouvoir destructeur de ceux qui sèment la haine et la rancoeur ait influé sur l'opinion de la population colombienne". Mais il a réitéré la disposition des guérilleros "à ne faire usage que de la parole comme arme de construction de l'avenir".

Le non gagne avec une faible participation

Les opposants ont fait campagne pour le "Non" en dénonçant notamment un "laxisme" des sanctions prévues contre les auteurs des crimes les plus graves et la participation des guérilleros démobilisés à la vie politique. Ce rejet était inattendu, la plupart des sondages donnant le "Oui" en tête, avec 55% à 66% des intentions de vote, selon les dernières enquêtes publiées.

La participation n'a été que de 37,28%. Mais depuis 1958, elle s'établit généralement entre 33% et 58,47%, record jamais dépassé depuis 1974.

L'abstention a gagné et le pays a perdu. Cela ressemble à un Brexit (Kirsty Brimelow, avocate britannique et directrice du Bar Human Rights Committee, facilitatrice dans les pourparlers)

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Retour sur les guerres civiles en Colombie depuis 1800
Retour sur les guerres civiles en Colombie depuis 1800 © Visactu / Visactu
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