Deux journalistes travaillant pour Le Monde, Jean-Philippe Rémy etPhilip Edward Moore ont été arrêtés.
Deux journalistes travaillant pour Le Monde, Jean-Philippe Rémy etPhilip Edward Moore ont été arrêtés. © Le Monde

Deux journalistes travaillant pour le journal Le Monde, le Français Jean-Philippe Rémy et le Britannique Philip Edward Moore, ont été libérés. Ils avaient été arrêtés jeudi par la police dans la capitale du Burundi lors d'une opération contre des rebelles, ont annoncé vendredi le quotidien français et les autorités burundaises.

Selon Moïse Nkurunziza, porte-parole adjoint de la police, cinq personnes, dont le photographe britannique Phil Moore, avaient été arrêtées lors de perquisitions dans les quartiers de Jabe et Nyakabiga, jeudi à Bujumbura.

Tous deux accrédités en tant que journalistes

Le Français Jean-Philippe Rémy serait ensuite venu s'enquérir de ce qui était arrivé à son collègue britannique. Il aurait alors été lui aussi arrêté pour être interrogé. Les deux hommes étaient tous deux accrédités en tant que journalistes à Bujumbura, a-t-il précisé.

Pour le directeur du Monde Jérôme Fenoglio Jean-Philippe Rémy et le photographe britannique Philip Edward Moore "ont été interpellés à Bujumbura dans l'après-midi de jeudi par les services de sécurité burundais alors qu'ils rencontraient des opposants".

Laurent Fabius fait part de sa "préoccupation"

Le Monde avait demandé sur son site internet "la libération immédiate de ses deux envoyés spéciaux", tandis que le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius fait part de sa "préoccupation" et demande aussi la libération des deux journalistes.

J'appelle les autorités du Burundi à procéder à leur libération immédiate. Des démarches diplomatiques sont en cours", avait précisé le Quai d'Orsay.

Jean-Philippe Rémy, 49 ans, dirige le bureau régional du Monde à Johannesburg, tandis que Philip Edward Moore, 34 ans, est un photographe freelance qui a beaucoup travaillé sur les zones de conflit dans la région.

"Jean-Philippe Rémy est entré légalement dans le pays le 19 janvier et Philip Edward Moore le 21 janvier", explique Le Monde. "Ils étaient tous deux munis de visas et ne faisaient qu'exercer leur métier en rencontrant toutes les parties concernées par les tensions en cours au Burundi."

400 personnes ont péri dans des violences

Plus de400 personnes ont péri dans des violences et manifestations au Burundi depuis que le présidentPierre Nkurunziza a annoncé en avril sa volonté de briguer un troisième mandat consécutif, une décision jugée anticonstitutionnelle par l'opposition.

Pierre Nkurunziza a été réélu le 21 juillet dans un climat de contestation et des dizaines de milliers d'habitants ont fui le pays. La communauté internationale s'inquiète du risque de violences intercommunautaires dans ce pays longtemps en proie à la guerre civile entre Tutsis et Hutus.

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