Sommet international sur la sécurité nuclaéire
Sommet international sur la sécurité nuclaéire © MaxPPP / YVES SALVAT

Les djihadistes du groupe Etat islamique pourraient-ils fabriquer une "bombe sale" qui ferait des carnages ? C'est l'une des inquiétudes des chefs d'Etat et de gouvernements réunis jeudi et vendredi à Washington.

Barak Obama, François Hollande ou encore, entre autres, le premier ministre britannique David Cameron et le président turc Recep Tayyip Erdogan participent au quatrième sommet international sur la sécurité nucléaire organisé par le président américain. Au coeur des débats et des réunions bilatérales : comment protéger au mieux les matériaux radioactifs (centrales, hôpitaux, déchets etc.) des menaces extérieures (risques de sabotage, de vol) ?

Les attentats de Bruxelles dans toutes les têtes

Barak Obama avait lui-même lancé en avril 2010 un appel pour "un monde sans arme nucléaire", et avertissait que le risque d'une "attaque nucléaire" représentait "la menace la plus immédiate et la plus extrême pour la sécurité mondiale".Cette quatrième édition du sommet est organisée dix jours après les attentats de Bruxelles revendiqués par le groupe Etat islamique, à l'occasion desquels un hypothétique attentat "terroriste nucléaire" a été évoqué.

Le terrorisme se répand et la possibilité que des matériaux nucléaires soient employés ne peut pas être exclue, s'est inquiété le patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano, deux jours après les attentats de Bruxelles.

Craintes d'une bombe sale

Très peu d'experts pensent que le groupe Etat islamique puisse un jour se doter d'une arme atomique, beaucoup craignent que les djihadistes s'emparent d'uranium ou de plutonium pour tenter d'assembler une "bombe sale". Un tel engin ne provoquerait pas d'explosion nucléaire mais la diffusion de radioactivité aurait de terribles conséquences sanitaires, psychologiques et économiques, comme ça avait été le cas lors de l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo. 20 ans après les japonais sont encore traumatisés.

L'agence pour l'énergie atomique a listé ces 20 dernières années près de 3.000 incidents relatifs à des trafics, des possessions illégales ou des pertes de matériaux nucléaires dont le Pentagone admet qu'ils sont convoités par certaines organisations terroristes. On est par exemple à la recherche d'une dizaine de grammes d'iridium 192, hautement radioactifs, conditionnés sous forme de capsules, dans une valises de protection de la taille d'un ordinateur et volés dans un centre de stockage d'une compagnie pétrolière américaine en Irak. De quoi, ajoutés à des explosifs, confectionner une bombe sale rudimentaire et semer la panique.

Trois grands absents

Obama doit accueillir une cinquantaine de dignitaires étrangers, parmi lesquels ses homologues chinois Xi Jinping, et sud-coréenne Park Geun-Hye. Mais le président russe Vladimir Poutine, dont le pays reste une puissance militaire nucléaire majeure, et les dirigeants d'Iran et de Corée du Nord, aux programmes nucléaires controversés, n'ont pas été invités.

Le groupe Etat islamique à l'ordre du jour

La lutte contre le financement, la propagande et le recrutement du groupe Etat islamique a été ajoutée à l'ordre du jour.

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