Deux militaires français ont été grièvement blessés en Irak au début du mois, selon plusieurs sources concordantes. Ils ont été pris pour cibles par un drone piégé.

Un modèle de drone civil
Un modèle de drone civil © Maxppp / Jan Woitas

Deux commandos parachutistes de l'air ont été très grièvement blessés, le dimanche 2 octobre dernier, à Erbil, en Irak, selon des informations données ce mardi par Le Monde et appuyées par d'autres sources. En tout dix soldats auraient été blessées dans cette attaque, et deux Kurdes ont été tués. Les deux Français, engagés au CPA-10 d'Orléans-Bricy, font partie de la Task Force Hydra, engagée depuis deux ans aux côtés des peshmergas, les soldats kurdes, qui luttent contre le groupe terroriste Etat Islamique.

Attaque inédite

Pour l'heure, les autorités de Défense refusent de communiquer sur ces faits, et ne confirment ni le bilan de cette attaque, ni le mode opératoire. Car cette attaque, si elle est confirmée, est inédite : pour la première fois, des militaires français ont été blessés par un drone volant piégé, envoyé par un groupe lié à l'organisation Etat Islamique.

A quoi ressemble ce drone tueur ? Pour l'heure, et tant que le ministère de la Défense ne donne aucune information, personne n'en a aucune idée. Deux hypothèses sont privilégiées, selon le site spécialisé Le Mammouth : la première est celle d'un appareil qui n'était programmé pour n'exploser qu'une fois posé au sol et récupéré ; la seconde évoque plutôt un drone qui aurait été censé cibler des troupes depuis les airs.

Des drones civils pour porter des bombes ?

En tout état de cause, l'utilisation de drones explosifs par des terroristes est un mode opératoire qui, bien qu'inédit, est redouté depuis plusieurs années par les autorités antiterroristes. Dès 2013, un tel risque avait suscité des interrogations, notamment après qu'un drone s'était posé juste à côté d'Angela Merkel en plein meeting, en Allemagne.

De plus, le transport de charges explosives ne serait pas limité aux drones militaires, les plus coûteux et les plus difficiles à exploiter. "La limitation est technique, mais les drones civils peuvent porter des charges de quelques kilos. Avec un drone en kit bien assemblé et de bonnes compétences techniques, on peut faire porter quelques dizaines de kilos", explique-t-on chez FrenchiDrone, un fabricant français : "C'est la plus grosse inquiétude des professionnels du secteur, qui ont toujours fait en sorte que la pratique des drones soit bien encadrée".

Dès 2014, le criminologue Christophe Naudin expliquait à la Dépêche du Midi que "dans l'Histoire, chaque innovation technologique a été détournée pour une utilisation criminelle, et les drones n'y échapperont pas. C'est un risque très crédible".

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