Fukushima
Fukushima © Radio France

Des taux de plus en plus élevés de strontium 90, substance radioactive très toxique, ont été détectés dans les eaux souterraines de la centrale nucléaire de Fukushima selon la société japonaise qui gère le site.

Le même jour, l'autorité de régulation du secteur nucléaire japonais a arrêté les nouvelles normes de sécurité, dont la mise au point avait été décidée après la catastrophe de mars 2011 à Fukushima. Ces règles, qui entreront en vigueur le 8 juillet, doivent au préalable recevoir le feu vert du conseil des ministres,vraisemblablement vendredi. L'autorité de régulation n'a pas procédé à des changements notables par rapport au projet qui avait été rendu public en avril pour que les Japonais en prennent connaissance.

Seuls deux des 50 réacteurs nucléaires nippons ont été remis en service à ce jour, après la fermeture de la totalité du parc pour vérifier si les normes de sécurité étaient bien respectées. Le gouvernement de Shinzo Abe ne fait pas mystère de sa volonté de relancer la filière et les opérateurs de centrale devraient prochainement demander à pouvoir redémarrer des réacteurs, ont rapporté les médias japonais. Les inspections préalables à une réouverture prendront au moins six mois, estime l'autorité nucléaire.

Le strontium 90 est un dérivé de la fission de l'uranium et du plutonium dans les réacteurs nucléaires et les armes atomiques, indique le site de l'agence de protection de l'environnement américaine. La présence de cette substance a été découverte alors que la compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco) a demandé l'autorisation de déverser dans l'océan Pacifique l'eau contaminée présentant de faibles taux de radiation, faute de place pour continuer à la stocker.

A Tokyo, Frédéric Charles

En six mois, le taux a été multiplié par six

"L'eau contaminée ne doit pas être déversée dans l'océan", a aussitôt réagi Michiaki Furukawa, ingénieur nucléaire et professeur émérite à l'Université de Nagoya. "Il doivent la stocker à un endroit où elle ne peut pas s'écouler hors de la centrale."

Fait qui ajoute aux difficultés, 400 tonnes d'eau souterraine s'écoulent chaque jour dans les bâtiments du réacteur et se mêlent à l'eau fortement contaminée qui sert à refroidir le combustible. Tepco s'efforçait depuis quelque temps de convaincre les pêcheurs de la région que le déversement d'une centaine de tonnes d'eau dans l'océan chaque jour, afin de réduire la pression sur ses installations de stockage, n'était pas un risque majeur.

Les tests régulièrement effectués sous le réacteur numéro deux de la centrale, dévastée par un tremblement de terre et un tsunami en mars 2011, ont montré que le taux de strontium 90 avait été multiplié par 100 au cours des six derniers mois, a indiqué le directeur général de Tepco, Toshihiko Fukuda, lors d'une conférence de presse.

Ce taux est passé de 8,6 becquerels par litre en décembre 2012 à 1.000 becquerels en mai 2013, a-t-il précisé, soit un taux plus de 30 fois supérieur à la limite tolérée (30 becquerels).

Tepco a constamment révisé à la hausse ses évaluations

Des taux élevés de tritium, une substance moins toxique, ont également été détectés, a ajouté Toshihiko Fukuda. Fin mai, ces taux étaient plus de huit fois supérieurs à la limite autorisée(500 000 becquerels contre 60 000).

Tepco a constamment révisé à la hausse ses évaluations initialement rassurantes sur les taux de radiation et autres problèmes rencontrés à la centrale de Fukushima-Daiichi après la catastrophe.

Les eaux souterraines contaminées au strontium 90 n'ont pas pu se déverser accidentellement dans la mer, a assuré mercredi le directeur général de la société japonaise. Par ailleurs, une responsable du parti du Premier ministre japonais Shinzo Abe a dû présenter ses excuses mercredi après avoir déclaré que l'accident de Fukushima n'avait fait aucune victime.

Dans un discours prononcé lundi, l'élue du Parti libéral- démocrate (PLD) a appelé au redémarrage des réacteurs nucléaires japonais en arguant du fait qu'il n'y avait pas eu de décès à déplorer après la catastrophe de Fukushima survenue en 2011.

Cette déclaration a été vivement critiquée par l'opposition, mais aussi par des membres de son propre parti, à un mois d'élections sénatoriales que le PLD doit remporter pour s'assurer le contrôle du Parlement. Sanae Takaichi a déclaré à la presse :

Je retire tous mes commentaires concernant la politique énergétique.

La catastrophe survenue à la centrale de Fukushima-Daiichi, à cause d'un tsunami exceptionnel consécutif à un séisme de forte magnitude, a été le plus grave accident nucléaire depuis Tchernobyl en 1986.

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