250 millions d'enfants vivent dans une zone de guerre, des dizaines de milliers en Irak. Les aider passe aussi par le fait de trouver un emploi ou des ressources pour leurs parents

Le centre se trouve à 80 km au Nord de Mossoul, dans une citadelle militaire, qui était en partie une prison à l'époque de Saddam Hussein
Le centre se trouve à 80 km au Nord de Mossoul, dans une citadelle militaire, qui était en partie une prison à l'époque de Saddam Hussein © Radio France / Mathilde Dehimi

Paris accueille ce mardi une conférence, présidée par François Hollande, destinée à mobiliser la communauté internationale sur le sort des 250 millions d'enfants vivant dans les zones de conflit.

En Irak, où l'armée a lancé une offensive pour reprendre l'ouest de la ville de Mossoul aux mains du groupe État islamique, des dizaines de milliers d'enfants sont réfugiés dans des camps.

L'un de ces camps est celui d'Akré, au Kurdistan irakien, à 80 km au Nord de Mossoul, dans une citadelle militaire, qui était en partie une prison à l'époque de Saddam Hussein. Le bâtiment militaire est désormais recouvert de tapis sur les balustrades, de paraboles pour capter les programmes syriens, de terrains de jeux pour enfants dans la cour. Mais en hauteur, de petites fenêtres avec des barreaux. Siha vit dans deux pièces à l'étage avec son mari et ses huit enfants : "Ça m'a tout de suite fait penser à une prison, aux tortures, aux punitions de Saddam Hussein, pendant un mois avec mes voisins on est resté ensemble dans une pièce sans oser bouger avant de s'habituer".

Siha est arrivée il y a quatre ans dans ce camp en dur fuyant dans la région d'Hassaké dans le nord syrien, les combats violents entre armée du régime, troupes kurdes, armée syrienne libre puis Daesh : "Au début mon mari travaillait dans le bâtiment, ça faisait 5.000 dinars par jour, quatre dollars, mais il n'y a plus de boulot, du coup on a décidé de marier notre fille pour avoir une bouche en moins à nourrir".

Nous n'avons pas pu parler à Nour, cette jeune fille de 16 ans. Son père a refusé. L'Unicef tente de trouver un travail au père pour retarder le mariage et rescolariser sa fille. Un défi pour Suri, travailleuse sociale : "Ça serait si bénéfique pour elle ! Deux ans d'école en plus lui permettrait de lire, connaître ses droits, être mieux éduquée et peut-être ensuite trouver un travail, gagner sa vie... Elle aurait sa propre vie !"

L'école est gratuite mais il faut payer le déjeuner, trois dollars environ. Seuls deux enfants sur les huit de la famille vont pour l'instant à l'école.

► POUR EN SAVOIR PLUS | Lire À Mossoul, les enfants tentent de se reconstruire après l'État islamique

La conférence doit servir aussi à lancer un appel aux dons. Les besoins sont estimés à plus de trois milliards de dollars, selon le directeur général de l'UNICEF France qui signale que "1,4 milliard sont nécessaires juste pour les enfants victimes du conflit syrien".

Sébastien Lyon, vice président d'Unicef France a expliqué à Bruno Duvic les actions que mène son association.

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Sébastien Lyon, vice président d'Unicef France a expliqué à Bruno Duvic les actions que mène son association.

Par Mathilde Dehimi
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