Les États-Unis ont mené des frappes ciblées en Syrie cette nuit, sur la base aérienne qui fut le point de départ de l’attaque chimique menée deux jours plus tôt.

Un missile Tomahawk tiré du porte-avion américain USS Ross (DDG 71) vers la base aérienne sur la base de Shayrat, située à l'ouest de la Syrie, le 7 avril 2017
Un missile Tomahawk tiré du porte-avion américain USS Ross (DDG 71) vers la base aérienne sur la base de Shayrat, située à l'ouest de la Syrie, le 7 avril 2017 © Reuters / Reuters Photographer

Barack Obama avait hésité, Donald Trump l'a fait : dans la nuit de jeudi à vendredi 7 avril avril, les États-Unis ont procédé à des frappes ciblées sur la base aérienne syrienne de al-Chaayrate, dans la province centrale de Homs, l'une des plus importantes du pays. Précisément la base qui avait été, selon le Pentagone, le point de départ des avions qui ont mené l'attaque chimique attribuée au régime syrien, qui a fait au moins 86 morts dans un village rebelle le 4 avril dernier. Ce même village, Khan Cheikhoune, a été de nouveau bombardé vendredi matin, après l'annonce des frappes aériennes menées par les américains.

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Les États-Unis bombardent une base aérienne syrienne
Les États-Unis bombardent une base aérienne syrienne © Visactu / visactu

Les frappes, démarrées vers 00h40 GMT, ont envoyé 59 missiles Tomahawk tirés par les navires américains USS Porter et USS Ross, qui se trouvaient en Méditerranée orientale. La base était connue comme un lieu de stockage d'armes chimiques avant 2013 et le démantèlement de l'arsenal chimique syrien, a indiqué le capitaine de vaisseau Jeff Davis, un porte-parole du Pentagone.

Dégâts matériels et humains

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) annonce que quatre soldats syriens ont été tués par ces frappes, qui ont également "détruit presque totalement" la base aérienne du régime qui était visée. Les premières évaluations du bombardement montre qu'il a "gravement endommagé ou détruit des avions" et des infrastructures de la base, "diminuant la capacité du gouvernement syrien à mener des frappes". Les missiles Tomahawk visaient notamment "des hangars aériens renforcés", des stockages de pétrole, de munitions, des défenses anti-aériennes, des radars.

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Les Russes prévenus

Le capitaine de vaisseau Jeff Davis, un porte-parole du Pentagone, a affirmé que "toutes les précautions avaient été prises pour exécuter la frappe avec un minimum de risques" pour le personnel présent sur la base et notamment les Russes qui s'y trouvaient.

Selon lui, les Russes ont été prévenus à l'avance de la frappe via la ligne de communication spéciale mise en place par les militaires américains et russes depuis l'automne 2015 pour éviter tout incident aérien entre leurs avions respectifs dans le ciel syrien. Il y a eu de "multiples conversations" avec les Russes jeudi via la ligne spéciale, a-t-il dit. Le porte-parole a indiqué que les militaires américains connaissaient "l'endroit précis" de la base utilisé par les militaires russes, a-t-il précisé.

En revanche, Vladimir Poutine a vivement réagi dès vendredi matin : le président russe estime que les frappes américaines contre une base aérienne militaire en Syrie constituent une infraction au droit international et qu'elles pénalisent gravement les relations entre les Etats-Unis et la Russie.

Le président russe considère cette initiative des Etats-Unis comme "une agression contre une nation souveraine" en se servant "d'un prétexte fallacieux", a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.

Une "réponse proportionnée"

Le porte-parole américain a aussi laissé entendre que la frappe n'avait pas vocation à être répétée. "Il s'agissait d'une réponse proportionnée" à l'attaque de Khan Cheikhoun, destinée à "dissuader le régime d'utiliser des armes chimiques à nouveau".

Ce sera le choix du régime s'il y en a d'autres (bombardements), cela se décidera sur la base de leur comportement à venir

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