Mardi soir, Washington a annoncé sa décision de se retirer du Conseil des droits de l'Homme, qui dépend des Nations Unies. Une organisation que les Etats-Unis accusent "d'hypocrisie", et de parti pris contre Israël.

Nikki Haley et Mike Pompeo, mardi soir, à Washington
Nikki Haley et Mike Pompeo, mardi soir, à Washington © Sipa / Andrew CABALLERO-REYNOLDS

"Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d'une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l'homme un sujet de moquerie" : c'est avec ces mots que l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a annoncé mardi soir le retrait des Etats-Unis du Conseil des droits de l'homme aux Nations Unies. 

Refus de réformes ?

Accompagnée du secrétaire d'Etat Mike Pompeo, elle a dénoncé une organisation qui a "trop longtemps protégé les auteurs de violations des droits de l'homme et a été un cloaque de partis pris politiques", visant, sans la citer, la position du Conseil, créé en 2006, vis-à-vis d'Israël, seul pays du monde à faire l'objet d'un point fixe (appelé "point 7") à l'ordre du jour de chaque session du CDH, trois fois par an. Ce retrait américain n'est pas une première : en 2006, dès ses débuts, George W. Bush avait déjà pris ses distances avec le CDH. C'est Barack Obama qui avait réintégré son pays au Conseil. 

Nikki Haley et Mike Pompeo assurent donc que leur décision est liée à l'échec d'une proposition de réforme du Conseil. "Malheureusment, il est maintenant clair que notre appel à la réforme n'a pas été entendu", a déclaré l'ambassadrice. L'annonce intervient au lendemain des vives critiques prononcées par le Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, contre les séparations d'enfants mexicains de leurs parents à la frontière. 

Un retrait de plus 

Les Etats-Unis, dont le mandat dans ce Conseil aurait dû s'achever en 2019, demandait aussi que l'exclusion d'Etats membres soit votée à la majorité simple et non plus à celle des deux tiers en cas de manquements aux droits de l'homme ; et que la sélection fasse l'objet d'un processus renforcé. "Les pays se sont entendus pour saper la méthode actuelle de sélection des membres", selon Mike Pompeo. 

Si l'ambassadeur israélien à l'ONU s'est réjoui de cette décision, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a affirmé qu'il "aurait préféré que les Etats-Unis restent au Conseil des droits de l'homme". Depuis l'élection de Donald Trump, le pays a quitté plusieurs organisations multilatérales du même type, dont l'Unesco, a réduit sa participation financière à plusieurs organes de l'ONU, et a quitté l'accord de Paris sur le climat et l'accord sur le nucléaire iranien. 

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