les djihadistes prennent la ville de tal afar, dans le nord-ouest de l’irak
les djihadistes prennent la ville de tal afar, dans le nord-ouest de l’irak © reuters

Les intérêts diplomatiques et économiques bousculent parfois les défiances historiques. Les Américains se disent prêts à discuter avec les Iraniens pour que chacun soutienne le gouvernement irakien chiite menacé par des djihadistes sunnites qui se sont emparés du nord du pays. Un dialogue qui ne portera pas sur le plan militaire.

Sur le front irakien, les Etats-Unis se concentrent désormais sur le plan diplomatique. Barack Obama ne veut pas d'une nouvelle guerre impliquant des Américains et n'envisage aucune intervention "directe" au sol.

Son secrétaire d'Etat John Kerry n'a cependant pas exclu d'utiliser des drones armés contre les combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) qui veulent renverser le gouvernement du premier ministre Nouri Al-Maliki et créer un vaste état islamique en Irak et en Syrie.

Le secrétaire d'Etat John Kerry envisage des frappes aériennes

Une volonté commune de dialoguer

L'Iran, voisin chiite de l'Irak, s'inquiète de la progression rapide au nord et à l'est des djihadistes sunnites de l'EIIL. Le risque de démembrement de l'Irak et d'un conflit communautaire qui déborderait sur toute la région oblige la communauté internationale à prendre lentement position.

Les discussions n'ont pas encore commencé entre Etats-Unis et Iran. Les Américains ont seulement signifié leur intention de dialogue. Cette volonté commune constitue déjà une avancée considérable dans l’histoire crispée de ces trente dernières années.

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Le Pentagone a précisé qu'il ne s'agissait pas de discussions d'ordre militaire. Il n'y aura aucune consultation commune sur ce sujet. "Il n'y a absolument aucune intention, aucun plan pour coordonner des actions militaires entre les Etats-Unis et l'Iran" a déclaré le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

Les djihadistes de l'EIIL gagnent du terrain

Sur le terrain, l'EIIL s'est emparée de Saklaouiya à l'ouest de Bagdad et de Tal Afar au nord-ouest près de Mossoul, la métropole stratégique désormais contrôlée par les insurgés. Il y aurait eu de nombreux morts dans les combats selon un responsable de la ville de Tal Afar.

Ce soutien de l'Iran et des Etats-Unis au Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki ne plaît pas à tout le monde. Le gouvernement irakien est régulièrement accusé de corruption et de répression contre les sunnites irakiens.

Qatar et Arabie Soudite contre le gouvernement irakien

Le Qatar et l'Arabie saoudite, pays sunnites, rejettent la responsabilité de l'offensive djihadiste sur le gouvernent Maliki. Ils refusent toute intervention étrangère en terre irakienne.

Irak : le nord du pays dans les mains des djihadistes et des Kurdes
Irak : le nord du pays dans les mains des djihadistes et des Kurdes © Radio France / Idé
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