Le président du Guatemala a annoncé dimanche le transfert à Jérusalem de l'ambassade de son pays, suivant en cela la décision - pourtant contestée - de Donald Trump. Pourquoi ce choix et d'autres pays sont-ils sur la même ligne ?

La vision internationale reste celle de Jérusalem comme la capitale d'Israël et d'un État palestinien indépendant
La vision internationale reste celle de Jérusalem comme la capitale d'Israël et d'un État palestinien indépendant © AFP / Ahmad GHARABLI

Dans son message de Noël, le pape François a appelé lundi à "la paix pour Jérusalem et pour toute la Terre Sainte", espérant qu'"une reprise du dialogue l'emporte" pour "parvenir à une solution négociée qui permette la coexistence pacifique de deux États". 

Un vœu "pieu" que la décision de Donald Trump de déménager l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem ne rend que plus difficile à mettre en oeuvre. Depuis l'annonce américaine, le 6 décembre, des manifestations quasi quotidiennes ont lieu dans les Territoires occupés par Israël, et ont terni la fête de Noël pour les chrétiens palestiniens. 

Vote de condamnation de l'Assemblée générale de l'ONU

Malgré les menaces financières contre les pays opposés à leur position, l'Assemblée générale a condamné jeudi par 128 voix (sur 193) la décision américaine. L'ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley a remercié sur Twitter les 65 Etats qui, à ses yeux, "n'ont pas cédé aux méthodes irresponsables de l'ONU" en choisissant le vote contre ou l'abstention.  

Avant le vote, Washington avait multiplié menaces et pressions et le résultat a vu 35 États, dont le Canada, le Mexique, la Pologne ou la Hongrie, s'abstenir et 21 ne pas prendre part au scrutin. 

Les Etats-Unis et Israël ont donc vu d'un très bon œil l’annonce du président du Guatemala

Jimmy Morales veut lui aussi transférer à Jérusalem l'ambassade de son pays. Une décision qui illustre cette proximité avec Washington. Le président Morales, un ancien acteur comique parvenu à la tête de l'Eta, est aussi un évangéliste revendiqué. Il est également très proche des positions politiques et sociétales de Donald Trump. 

Par ailleurs, les relations commerciales entre les deux pays sont vitales pour le Guatemala et l'an dernier les États-Unis lui ont fourni près de 300 millions de dollars d'aide au développement. Une situation dans laquelle se trouvent nombre d'autres pays sollicités pour transférer leur capitales à Jérusalem.

Le gouvernement israélien laisse entendre que 10 autres pays pourraient suivre

Des sources diplomatiques israéliennes évoquent le Honduras, les Philippines, le Soudan du Sud et et même un État européen : la Roumanie. 

Autant de pays qui ont en commun d'avoir des relations politiques étroites avec les États-Unis ou de se trouver dans une situation de fragilité économique qui les rend dépendants d'une aide extérieure. 

C'est également le cas de plusieurs des États ayant refusé la semaine dernière à l'ONU de condamner la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël. Pour mémoire il s'agissait de pays comme la Micronésie, le Togo ou les îles Marshall. 

La vision internationale reste celle de Jérusalem comme la capitale d'Israël et d'un État palestinien indépendant

La résolution 478 de l'ONU en 1980 appelait tous les pays ayant une mission diplomatique à Jérusalem à l'en retirer. Treize pays (Bolivie, Chili, Colombie, Costa Rica, République dominicaine, Équateur, Salvador, Guatemala, Haïti, Pays-Bas, Panama, Uruguay, Venezuela) avaient déménagé leur ambassade à Tel-Aviv, où se trouvent celles des autres pays.

L'ONU ne reconnaît pas l'annexion de Jérusalem-Est qu'elle considère comme territoire occupé. La résolution 478 du Conseil de Sécurité a déclaré la loi israélienne de 1980 désignant Jérusalem comme capitale "une et indivisible", comme étant une violation de la loi internationale.

Pour l'ONU, le statut final de Jérusalem doit être négocié entre les parties. 

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