Des émeutiers envahissant le Capitole, un Président qui refuse la défaite, des élus qui tentent de bloquer le processus démocratique, un État du sud républicain et le Sénat américain qui basculent coté démocrate... Les évènements se bousculent aux États-Unis. Retour sur une semaine folle.

Donald Trump a encouragé ses troupes à marcher vers le Capitole dans son discours le 6 janvier avant la réunion du Congrés
Donald Trump a encouragé ses troupes à marcher vers le Capitole dans son discours le 6 janvier avant la réunion du Congrés © Getty / Bill Clark/CQ-Roll Call, Inc

Dimanche 3 janvier au soir, le Washington Post révèle des pressions de Trump pour "trouver des voix" en Géorgie

Selon un enregistrement publié dimanche soir par le Washington Post, Donald Trump a fait pression sur le principal responsable des opérations électorales de Géorgie pour qu'il modifie le résultat du scrutin présidentiel du 3 novembre dans l'État. 

Cet appel téléphonique, passé samedi, constitue la dernière tentative en date de Donald Trump d'obtenir une remise en cause de sa défaite à la présidentielle face au démocrate Joe Biden. Il évoque une fois de plus des fraudes à grande échelle même si toutes ses accusations ont été rejetée par les autorités des États et les autorités fédérales ainsi que par des dizaines de tribunaux saisis de recours.

"Tout ce que je veux, c'est trouver 11 780 voix. Parce que nous avons remporté l'État !"

On entend les responsables électoraux de l'État, pourtant républicains, affirmer à de multiples reprises qu'il n'y a aucune preuve de fraude.

Lundi 4 janvier, Donald Trump donne un discours hallucinant en Géorgie

Lors d'un discours d'une heure et demie en Géorgie, censé regonfler les espoirs et les chances de deux candidats républicains à deux sénatoriales partielles cruciales ce mardi, Donald Trump a passé son temps à parler de lui, à refuser de nouveau le résultat des urnes de novembre dernier, à reprendre des théories complotistes et à proférer des attaques personnelles envers plusieurs politiques.

Mardi 5 janvier, les électeurs de Géorgie se déplacent massivement pour élire leurs deux sénateurs

Les électeurs de Géorgie participent en masse pour ces deux élections partielles, des élections cruciales pour les démocrates. L'État est républicain depuis plus de 20 ans. Si les deux sièges sont remportés par les candidats démocrates outsiders, ils permettent au Sénat américain d'obtenir la majorité au Sénat américain. Plus de 3 millions de Géorgiens ont voté en avance, soit par correspondance soit en ce rendant au bureau de vote,  ce qui est déjà un record pour une sénatoriale dans cet État. Le jour J, mardi 5 janvier, les files d'attente sont longues devant les bureaux de vote. Le Président-élu Joe Biden appelle les électeurs à "rester dans la file. Si vous arrivez dans la file d'attente avant 19 heures, vous pouvez voter".  

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Dès mardi soir, l'un des deux candidats démocrates , le révérend Raphael Warnock, est annoncé vainqueur face à la sortante républicaine Kelly Loeffler. Warnock est le premier sénateur noir élu dans cet État du sud conservateur et anciennement ségrégationniste. 

Mais l'autre scrutin, celui opposant Jon Ossoff, 33 ans, au sortant républicain David Perdue, est plus serré. Il faudra attendre attendre toute la journée de mercredi pour connaitre le résultat. 

Mercredi 6 janvier, midi. Donald Trump met le feu aux poudres dans un discours

Les yeux sont donc rivés sur la Géorgie et sur cette deuxième sénatoriale partielle dont on ne connait pas encore l'issue. Et cette journée du mercredi sera la plus marquante d'une semaine folle. 

Des dizaines de milliers de sympathisants pro-Trump sont venus de tout le pays pour cette journée historique du 6 janvier à Washington
Des dizaines de milliers de sympathisants pro-Trump sont venus de tout le pays pour cette journée historique du 6 janvier à Washington © AFP / Tayfun Coskun / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Le président américain, qui refuse toujours sa défaite, appelle ses supporters à se rassembler à Washington, place de l'Ellipse, à trois kilomètres du Congrès. Pourquoi mercredi ? Parce que ce jour-là, à 13 heures précises, le Congrès (Sénat et Chambre des représentants) doit se réunir pour valider les résultats de la présidentielle et certifier la victoire du ticket démocrate Biden-Harris. Habituellement, ce n'est qu'une formalité. Cela aurait du en être une cette année aussi, d'autant que l'écart du nombre de voix de grands électeurs est de 74.: Biden a obtenu 306 voix, contre 232 pour Trump. La majorité étant fixée à 270, Biden est largement vainqueur. C'est d'ailleurs ce que tous les recomptages à la demande de l'équipe Trump ont confirmé. 

Donald Trump appelle son rassemblement "Save America march", la manifestation "pour sauver l'Amérique". 

Donald Trump prononce un discours fait de déni, d'acrimonie, de reproches à Washington le 6 janvier
Donald Trump prononce un discours fait de déni, d'acrimonie, de reproches à Washington le 6 janvier © AFP / Tayfun Coskun / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Il arrive sur scène avec une heure de retard, alors que les démocrates sont de plus en plus confiants d'avoir remporté le deuxième siège de sénateur en Géorgie, et de prendre la majorité au Sénat. Des reporters sur place évoquent déjà à ce moment-là une foule pro-Trump très dense et "parfois énervée".

Des dizaines de milliers de sympathisants de Donald Trump ont fait le déplacement pour cette journée historique à Washington
Des dizaines de milliers de sympathisants de Donald Trump ont fait le déplacement pour cette journée historique à Washington © AFP / Samuel Corum / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Dans son discours fait de déni de la défaite, d'attaques envers les médias, d'allégations de fraudes électorales, et d'un bilan largement embelli, Donald Trump affirme que les démocrates n'auront pas la victoire :  

"Nous ne concéderons jamais la défaite (...). Aucun pays du Tiers monde n'oserait faire ce que les médias et les démocrates ont fait ici... Nous n'abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais !"

En chauffeur de foule, il harangue ses supporters à coups de :

"Nous allons devoir nous battre encore plus fort."

Décrivant le résultat de la présidentielle comme "une attaque odieuse envers notre démocratie", il dit à ses supporters qu'ils "devraient défiler jusqu'au Capitole. Nous allons saluer nos courageux élus, et nous n'allons peut-être pas en saluer beaucoup". 

Il fait allusion au 13 sénateurs républicains ayant déjà annoncé qu'ils s'opposeraient à la validation de l'élection du ticket Biden-Harris lors de la séance au Congrès.

Mercredi 6 janvier, 13 h. Le Congrès commence à valider l'élection de Joe Biden 

À13 heures, le Congrès, formé des sénateurs et des représentants de la Chambre commencent à voter (par ordre alphabétique des États) pour certifier les résultats de la présidentielle. Un premier sénateur républicain, Ted Cruz (Arizona) annonce s'opposer aux résultats. 

Ted Cruz (centre) le leader d'un groupe de sénateurs refusant de valider l'élection de Joe Biden au Congrès le 6 janvier 2021
Ted Cruz (centre) le leader d'un groupe de sénateurs refusant de valider l'élection de Joe Biden au Congrès le 6 janvier 2021 © Getty / Bill O'Leary/The Washington Post via Getty Images

Pendant ce temps, à l'extérieur, la foule marche vers le Capitole. Subitement, tout s'emballe. De nombreux manifestants montent les marches du Capitole, très peu sécurisé. Des dizaines de personnes grimpent le long des murs, cassent les vitres et pénètrent dans le bâtiment.  

Les images sont incroyables. Les manifestants défilent dans le grand hall du Capitole, certains entrent dans la Chambre des représentants, d'autres s'assoient à la place du président de la Chambre : 

Des manifestants pro-Trump entrent de force dans le Capitole
Des manifestants pro-Trump entrent de force dans le Capitole © Getty / Michael Nigro/Pacific Press/LightRocket

À l'intérieur, les services de police conseillent aux élus de se mettre à l'abri. Certains se cachent sous les bureaux, d'autres se voient attribuer des masques à gaz pour se protéger des gaz lacrymogènes. 

Des élus et leurs collaborateurs contraints de porter des masques à gaz et de se cacher dans le Capitole à l'arrivée des assaillants pro-Trump
Des élus et leurs collaborateurs contraints de porter des masques à gaz et de se cacher dans le Capitole à l'arrivée des assaillants pro-Trump © Getty / Tom Williams/CQ-Roll Call, Inc via Getty Images
Des manifestants pro-Trump ont affronté la police au Capitole à Washington le 6 janvier
Des manifestants pro-Trump ont affronté la police au Capitole à Washington le 6 janvier © AFP / Shay Horse / NurPhoto / NurPhoto

Des tirs retentissent, une manifestante est mortellement blessée. Au total le bilan des violences de mercredi se montera à cinq morts.

Joe Biden appelle Donald Trump à "arrêter ce siège"

Le Président-élu Joe Biden réagit aux émeutes et demande à Donald Trump d'arrêter le siège du Capitole :  

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Plus tard, la police, longtemps dépassée car en sous-nombre, parvient à repousser les émeutiers à l'extérieur. Petit-à-petit, la foule se disperse. Un couvre feu à 18 heures est décrété par la maire de Washington. Les dégâts sont impressionnants : les manifestants ont saccagé bureaux, vitres, murs. Ils ont investi jusqu'au bureau de la présidente de la Chambre Nancy Pelosi. 

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7 janvier :  Les démocrates réclament le 25 e Amendement ou c'est l'impeachment

Après ces évènements, et devant le refus de Donald Trump d'admettre sa défaite, de nombreuses voix réclament d'utiliser le 25e amendement de la Constitution américaine pour l'écarter du pouvoir, accusé d'avoir incité ses partisans à envahir le Capitole. Adopté en 1967 après l'assassinat du président John F. Kennedy, cet Amendement précise les modalités de transfert des pouvoirs exécutifs en cas de démission, de décès, de destitution ou d'incapacité temporaire du Président. Les leaders démocrates du Congrès voudraient que le vice-président Mike Pence outrepasse le président, pour l'empêcher d'agir dans les deux dernières semaines de son mandat.  Pour eux, Donald Trump est responsable du chaos semé au sein même du temple de la démocratie, mercredi, par des centaines de ses supporteurs.  Le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, et bientôt leader de la majorité au Sénat, déclare :

"Ce qui s'est produit au Capitole était une insurrection contre les Etats-Unis, incitée par le président"  Il "ne peut pas rester au pouvoir un jour de plus."

Le comité éditorial du New York Times appelle au recours au 25e amendement. Mais le vice-président Mike Pence, qui s'est pourtant démarqué de Donald Trump depuis mercredi, aurait déclaré à plusieurs de ses proches qu'il refuse de faire appel au 25e Amendement. Du coup, les démocrates évoquent de plus en plus une procédure d'impeachment. Or, il ne reste que 13 jours avant l'investiture de Joe Biden et Kamala Harris. La procédure ne pourrait pas aboutir avant le 20 janvier mais symboliquement, Donald Trump resterait dans les livres d'Histoire comme le seul président à avoir été l'objet de deux procédures d'impeachment. De plus, cela pourrait l'empêcher de se représenter en 2024. Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, a affirmé vendredi soir que la procédure pourrait être votée par le Congrès en milieu de semaine prochaine. 

7 janvier : Youtube, Twitter, Whatsapp et Facebook sanctionnent Donald Trump

Les sanctions contre Donald Trump se renforcent. Le président américain voit une vidéo supprimée pour la première fois par YouTube, Twitter et Facebook.

Les comptes Facebook et Instagram du président américain sont bloqués pour une durée indéterminée et pendant "au moins les deux prochaines semaines", annonce jeudi le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, au lendemain des violences à Washington. 

"Nous pensons que les risques de laisser le Président utiliser notre plateforme durant cette période sont tout simplement trop importants. Ainsi, nous prolongeons indéfiniment le blocage de ses comptes Facebook et Instagram et pour au moins deux semaines, jusqu'à ce que la transition pacifique du pouvoir soit achevée"

Le compte Twitter de Donald Trump est également bloqué. Il le débloque lui même plus tard en supprimant les tweets posant problème.

Soir du 7 janvier : mort d'un policier

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Nuit du 7 au 8 janvier : Donald Trump condamne les évènements de la veille dans une vidéo

Il qualifie de "haineuse" l'attaque sur le Capitole. 

"Nous venons de vivre une élection intense et les émotions sont fortes", mais "il faut se calmer", a-t-il ajouté, alors que pendant deux mois il n'a cessé de souffler sur les braises de la division en brandissant des théories du complot. 

À aucun moment, dans ce message, il n'évoque sa responsabilité dans les violences de la veille.  

"Je vais désormais me concentrer sur une transition de pouvoir ordonnée et sans accrocs."

Vendredi 8 janvier 16h50 : Trump annonce qu'il ne viendra pas à la l'investiture de Biden

Changement de ton quelques heures plus tard. Le président américain Donald Trump annonce vendredi, dans un tweet très bref, qu'il n'assistera pas à la cérémonie d'investiture de son successeur démocrate Joe Biden.  

"À tous ceux qui ont demandé, je n'assisterai pas à la cérémonie d'investiture le 20 janvier."

Il deviendra ainsi le premier président à refuser d'assister à la prestation de serment de son successeur depuis Andrew Johnson en 1869.  

Joe Biden et Kamala Harris prêteront serment le 20 janvier à midi. Cette cérémonie très attendue se déroule traditionnellement sur les marches du Congrès, devant les pelouses du National Mall. Tous les quatre ans, des centaines de milliers de spectateurs se pressent dans la capitale fédérale américaine pour y assister mais l'accès sera cette année limité en raison de la pandémie de Covid-19.   

Dans un autre tweet, il maintient son soutien à ses électeurs.

Les 75 millions de patriotes américains géniaux qui ont voté pour moi, seront entendus à l'avenir. On ne leur manquera pas de respect, il ne seront pas maltraités !

8 janvier 18h : Pelosi : "s'il ne quitte pas le pouvoir, le Congrès agira"

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, affirme avoir discuté avec l'armée des moyens "d'empêcher Donald Trump d'utiliser les codes nucléaires". Elle déclare également : "Si Trump ne quitte pas le pouvoir volontairement, le Congrès agira". 

Le comité éditorial du Washington Post appelle également Donald Trump à démissionner.

8 janvier 21h : les élus devraient présenter leur demande d'impeachment lundi

Selon plusieurs sources citées par CNN, la Chambre des représentants devrait présenter un texte d'impeachment dès lundi 11 janvier. 

Joe Biden tient une conférence de presse affirmant :

Trump a été le pire président qui soit

8 janvier 21 h 15 : Plusieurs arrestations annoncées

L'homme qui s'était installé dans le bureau de la Présidente de la chambre des représentants lors de l'envahissement du Capitole a été arrêté. Il risque vingt ans de prison.

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Un élu de Virginie occidentale a également été arrêté.

Les enquêteurs ont également trouvé 11 cocktails Molotov et plusieurs armes dans le véhicule d'un manifestant de 70 ans venant d'Alabama. Il a également été arrêté.

Au total, quinze personnes ont été inculpées pour les violences au Capitole, a annoncé le ministère de la Justice. 

"Nous sommes en mesure d'annoncer quinze inculpations par la justice fédérale", a déclaré lors d'un point-presse Ken Kohl, du bureau du procureur fédéral de Washington.  

8 janvier 18h21 heure de Washington : Twitter ferme le compte d'un président toujours en exercice

Twitter annonce avoir définitivement banni Donald Trump, "en raison du risque de nouvelle incitation à la violence." Le compte du président comptait plus de 88 millions d'abonnés.

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